LE SOCIALISME ET SES DÉTRACTEURS 567 une métallurgie capitaliste ! Et, à ce qu'il paraît, comme patron, M. Schneider est un bon pafron, c'est-à-dire qu'il a institué des caisses de secours et de retraite pour les ouvriers et qu'il leur facilite la construction de petites maisons dont ils pourront devenir peu à peu propriétaires. Mais c'est bien ici que l'on voit l'insuffisance des fondations chœritaùles que peuvent créer les ùons patrons : toutes les institutions de bienfaisance de M. Schneider ne font pas que les ouvriers du Creusot retirent des immenses richesses qu'ils produisent et des énormes bénéfices qu'ils rapportent à cet établissement capitaliste, autre chose qu'un modique salaire, une vie misérable à 3 francs par 1jour pour eux et leurs famille, et un labeur terrible! Car c'est là l'existence à laquelle les ouvriers sont condamnés dans la société actuelle, en face de l'existence des capitalistes. Tant que la ~ociété sera divisée en ces deux classes de gens ; d'un côté les patrons et les capitalistes, et de l'autre les ouvriers; tant que les uns, en un mot, se donneront le droit de posséder les richesses produites, tandis que les autres ne pourront a-voir ce droit, les patrons seront riches, les ouvriers seront misérables. Supposez que les uns et les autres soient également à l'aise: les patrons n'existeraient plus; ils n'auraient plus de raison d'être .. Leur emploi ·serait tenu par des ouvriers administrateurs. C'est pourquoi, le socialisme s'attaque au capital, aux capitalistes, aux patrons. Et Schneider peut bien nous dire : « Pensez-vous qu'il ne faut pas de l'argent pour faire mar- .cher une boîte comme celle-ci? Et bien! à côté du directeur, de la tête, il y a le capitaliste qui aboule la forte somme.)) Nous lui répondrons que vraiment nous ne voyons pas en quoi est utile la tâche de ce capitaliste: il n'est pas la tête; il obtient un gros intérêt de la forte somme pour sa peine de l'abouler, voilà tout! tandis que les ouvriers qui font fructifier cette forte somme,et qui l'ont d'ailleurs créée, n'en retirent que la misère.Nous voulons donc que le capitaliste n'ait ni la peine d'abouler une forte somme, ni le profit que les ouvr.iers y ajoutent par leur travail. Cette forte somme doit faire partie des biens de la société, de la communauté, comme certains grands instruments de production, tels que les chemins de fer, les canaux, quelques chantiers et manufactures, etc., font déjà partie des biens de l'état capitaliste. Et alors il n'y aura nul besoin qu'un capitaliste soit là, pour prendre de la peine au sujet de la forte somme, et en retirer un gros profit. Mais« comment empêcher la formation du capital privé? )> s'écrie M. Schneider ? C'est bien simple : on ne possèdera pas de capital privé. Le capital privé sera tout bonnement considéré comme un vol, comme
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==