La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LE SOCIALISME ET SES DÉTRACTEURS 565. de vieux ouvriers ou des ouvriers malades, ou des ouvriers sans travail, ou de pauv_resveuves, ou de misérables filles? Et, même, les -ouvriers, qui auront fait pousser le blé pour ces heureux faisans, grâce à des salaires de deux ou trois francs par jour, pourront-ils toujours trouver assez ·de travail, chez vous, ou chez d'autres propriétaires, pour ne jamais manquer de pain ? Cependant la terre -continuera à regorger de blé, et on continuera à crier à une pro- <luction trop abondahte ! III Nous voici arrive, maintenant à M. Cousté, président de la Chambre cleConimerce de Paris. M. Huret nous décrit la tenue de -ceparvenu ; nous le voyons aux eaux à Vichy : le matin dans sa chambre avec « un pantalon et une chemise blanche à vaste jabot Tetombant en gros plis sur la poitrine, enguirlandant le cou et les manches d'un flot de dentelle; l'après-midi, après la douche, -très correct en son costume ville d'eaux : chapeau gris-perle, gilet· blanc, veston anglais. » Je n'ai pu résister à la tentation de reproduire ce portrait,· -d'un bourgeois. Mais je ne m'arrête pas à ces détails, car au fond les portraits des bourgeois ne m'importent guère. A nous, socialistes, ce sont les principes qui importent avant tout. Nous ne combattons pas seulement des individus dans les capitalistes : nous combattons une classe. Il ne s'agit pas pour nous d'abattre en, tout et pour tout, Rothschild, Christophle, Cousté, etc. : nous devons abattre en eux le capitalisme, la propriété privée. C'est aux instincts, aux sentiments, aux idées, aux lois capi- -talistes que nous nous attaquons. Ce sont les principes mêmes de la société actuelle que nous voulons détruire. Car si l'on ne mine pas, dans la base de ses lois, l'état social actuel, les troubles les :plus violents n'empêcheront pas des Rothschild dé succéder aux Rothschild, des Christophle aux Christophle .... Continuons donc .à combattre dans les personnages interviewés, les idées et les :principes capitalistes. Cousté, lui, empoignons-le sur le chapitre de la liberté. Il a en effet manifesté une si noblé indignation quand M. Huret lui· J>arla des projets restrictifs des socialistes au sujet de la concur.., -rence ! Ecoutez-le : « Et la ltberté, Monsieur, qu'est-ce qu'elle devient là-dedans? De quels droits empêcherez-vous les fabricants de produire tant ,qu'ils voudront? Tant pis pour eux si les marchés sont engorgés, -c'est à eux de prévoir les demandes probables et de se régler là-dessus. La concurrence doit être absolument libre, tout le com,- merce est là! La concurrence doit être absolwnent lib1·e....... Voilà les beaux;

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