561 1.A REVUE SOCIALISTE pourra appliquer son travail et récolter le produit de ce travail, mais où personne n'aura le droit de mettre la main sur le fonds productif, qu'a accaparé, avec la propriété privée, une classe de jouisseurs, pour exploiter la classe des travailleurs. On le voit, 1\I. Christophle ne sait pas ce qu'il dit à propos de la propri0té collective ; il ignore complètement en quoi elle consiste, et, en la qualifiant de vol, il la confond avec la propriété privée. l\Iais, d'un autre côté, le capitaliste Christophle est profondément savant : il sait sur le bout des doigts les plus vieux prrements del'économie politique bourgeoise, au sujet des bienfaits que la société actuelle procure aux travailleurs. « Les.frais de lu.1:e, dit-il à M. Huret, sont les plus profitables aux travailleurs. » Vraiment tous les éventails que l'on fabrique, pour rehausser la beauté de ces dames, et tous les meubles de mauvais goût. aux formes baroques et compliquées que l'on produit à foison, pour orner les salons riches, tout ce sale luxe, en un mot, voilà ce qui nourrit les ouYriers, Yoilà ce qui fait sortir le blé de terre, tisHer la laine et permet au travailleur de récolter le fruit de son travail! Le luxe, voilàr ! à ce qu'il paraît, ce qui produit le pain! Comme si tous ces colifichets aj~taient seulement un arpent de terre à la terre nourricière et permettaient aux ouvriers d'en profiter. Ce quo signifie le luxe, comment ne pas le voir? Si de malheureux ouvriers et de plus malheureuses ouvrières travaill,:mt des douze et des quinze heures par jour dans des usines où l'on fabrique les objets de ce luxe bienfaisant, n'est-ce pas uniquement parce qu'une classe de producteurs détient le fonds productif de ln société, terre et capital? Les ouvriers qui n'ont aucun droit sur ce fonds productif,que feraient-ils,s'ils ne se conformaient pas aux goûts de luxe des possesseurs? Ils mourraient de faim, bndis que le grain abonderait dans les greniers des propriétaires. Ils mourraient de froiù, tandis que la laine serait amassée dans les magasins de sociétés d'actionnaires. Cette glorification du luxe, comme bienfait social, conduit à des aberrations réellement abominables: M. Christophle se charge bénévolement de nous édifier à cet égard: il trouve que c'est un vrai bonheur pour les ouvriers, que lui, homme riche, prenne la peine, dans ses chasses, de faire « pousser du blé e.1·prèsponr ·1ww·1·ir lesfaisans. » Oui certes, M. Christophle, voilà un beau }uxe ! mais, tandis que les faiRans mangent ce blé pour le plaisir que vous aurez à le tuer, n'y aura-t-il pas, sans ùlé et sans pain, autour de vos chasses,
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