La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

530 LA REVUE SOCIALISTE niers, celle des tisserands de la laine, qui, a Bruges, comptait plusieur..=,milliers de membres et qui se trouve réduite aujourd'hui à vingt-cinq. Il reste une seconde forme d'association antique ce sont les r~tfir·,,s. On appelait ainsi sous l'ancien régime « les corporations « érigées en corps, d'un nombre déterminé de membres et dont « le monopole a été acheté au souverain ou à l'administration de « la Yille, ou est donné en location par celle-ci. >> Il existe encore à Bruges les offices des _po:l'teurs de bière, des porteurs de grains, qui ont le monopole de ces travaux, et qui ne conservent pl us t1 u'une importance purement archéologique. II.- Mu'rUALITÉS PROFESSIONNELLES. C'est le type intermédiaire entre les anciennes corporations et les modernes sociétés de résistance. Elles datent de la fin du XVIII• siècle et du commencement de celui-ci. A Bruges la mutualité est tr~s développée; on y compte 1:39mutuellistes sur 1,000 habitants bnclis que pour le reste du royaume la proportion n'est que de 2:1 pour 1,000 habitants. « Ce sont des sociétés mixtes, composées de maîtres et de « compagnons d'un même métier, qui ont pour but d'assurer à « leurs membres des secoms en cas d'incapacité de travail. » III.- SOCIÉTÉS DE MArnTIEX DE Pmx. A mesure que la production artisane, dans laquelle un grand nombre de petits patrons exploitent leur métier, fait place à la manufactura qui agglomère les salariés non possesseurs de moyens de travail et les contraint à travailler sous la direction et au profit d'un seul, on voit les associations clesecours mutuels disparaitre peu à peu. Les sociétés de maintien de prix sont fondées par les plus avisés de la classe ouvrière ; elles auront comme caractéristiques des institutions complexes (secours en cas de"'maladie, d'accidents, de chômage, de vieilless3, etc.), une tendance marquée au mop_opole et à la limitation du nombre des travailleurs de chaque métier, un particularisme souvent égoïste. Retraçons l'histoira d'une de ces sociétés, celle des chapeliers. Pendant une première période, qui va de 1790 à 1840, il n'existe que des métiers isolés. Les ouvriers et les patrons sont unis pour Sel sacourir mutuellement. (Mutualités professionnelles).

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