PHYSIOLOGIE DES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES 531 Le seconùe·pSriode, celle des so::iétés de maintien de prix èorrespond à l'ét'.lblissement des manufactures. Outre les secours en cas de maladie, l'union cherche à restreindre l'offre des bras en r3streignant le nombre des apprentis, en défendant de travailler avec les non-syndiqués, en interdisant tout labeur le dimanche; on ne doit pas exécuter plus d'ouvrage qu'il n'en est fait d'habitude pour l'argent; on doit refuser, tant qu'il y a des camarades inoccupés, de donner un coup de main pour une besogne supplémentaire; nul ne peut se procurer une place à l'atelier que par l'intermédiaire de la société. Par contre les chômeurs reçoivent une indemnité de 1Gfrancs par semaine jusqu'à treize semaines de chômage, afin qu'ils ne soient point tentés de faire concurrence aux aùtres par l'offre de leur travail à meilleur marché. Sous un régime semblable le nombre des ouvriers n'augmente pas. Les salaires vont en croissantjnsqu'en 187li, époque à laquelle ils atteignent le chiffre de soixante francs par semaine. Mais bientôt la grande industrie s'établit et ces minutieuses précautions.deviennent illusoires. M. Vimenet fonde une fabrique mécaniqu,e de chapeaux de feutra, qui occupe 1,500 personnes. rroutes les opérations étant exécutées par des machines, la maind'œuvra se réduit à quelques manipulations insignifiantes qu'il est facile d'apprendre. Le premier venu deviendra chapelier sans apprantissage, s:ms habileté manuelle. Aussi la résistance des ouvriers est brisée ; on se passe d'eux, on les re~place par des manœuvres. Les anciens chapeliers à la main, instruits, bien payés contrastaient avec leurs collègues de la grande industrie. Autant les premiers avaient gagné en intelligence et en moralité sous l'influence d'une aisance modeste et d'une condition assurée, autant les seconds, réduits à de misérables salairas, abrutis par une besogne inintelligente et désespérément monotone, s'adonnent à l'alcool et glissent peu à peu vers une amère démoralisation. Mais à ces tristes résultats il y a une compensation ; les bénéfices de l'exploitant augmentent à mesure. Le chiffre des chômeurs s'élève constamment, réduit les salaires au strict nécessaire par la concurrence et rend toute résistance impossible. Aussi, comprenant l'inutilité de ces luttes parcellaires, les chapeliers de la grande industrie n'ont plus confiance que dans une transformation complète de la société. Ils deviennent socialistes et forment un syndicat affilié au Parti Ouvrier. ' Les bijoutiera, dont Vandervelde nous retrace les luttes et nous décrit les organisations complexes, se sont préservés jusqu'à prés:mt de la décadence et de la ruine~ à cause de l'habileté prof.:Jssionnelle. qui nécessite un long apprentissage, à cause surtout
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