La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LUNDIS SOCIALISTES 51 Il y a loin des aspirations au fait; trop tôt l'idée nouvelle dut ;affronter 1.abataille. Vaincue à Paris en juin 1848, elle le fut par ricochet en Angleterre avec les Chartistes. elle fut enrayée en Italie, en Alle- .magne, en Hongrie, en Autriche avec les patriotes révolutionnaires, et .dans toutes les nations un vent glacial de réaction souffla sur toutes les espérances et emportant toutes les libertés récemment conquises, '.desséchant tous les germes d'avenir. Entre temps la dictature bonapartiste tuait lïnitiative française, .et le socialisme français, riche de tant de gloire, de tant d'idées et de tant d'œuvres, n'eut, après 1851, que des survivants, tandis que !'Alle- .magne produisait des Marx, des Lassalle, des Karl Grün, des Rittin- ;ghausen, des J.-Ph. Becker, des Engels, des Rodbertus, des Carlo Marlo ; la Belgique, des Louis de Potter, des Dékeiser, des Jacob Kats, -des Joseph Charlier; la Russie, des Herzen, des Bakounine, des Tchernichewsky, des Ogareff; l'Angleterre, des Travis, des Ernest Jones; la Suisse, des A. Clément, des Hugentobler; l'Italie, des Pisacane, des Daniel Lévy, et l'Espagne, des Ramon de la Sagra, des Ferdinand Garrido. Cette incomplète énumération comparative suffit à marquer qu'une . révolution s'est faite dans le socialisme qui est devenu européen, a ,.dégagé une pensée générale : le collectivisme, et va subir l'empreinte réaliste et fataliste de l'intellect allemand. En attendant, il prend une nouvelle forme d'organisation. Aux _..anciennes écoles rivalès, succède l'organisation fédérative du prolétariat : l'Association International~ des Travailleurs est née. XXI. - L'AssoctATION INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS. Modirntio11 mico11111d1es ouvriers l_yo1111avic.;torieux. - }11i111848. - Fo11datio1d1e /'Internationale, so11programme, ses tbiories. - César de "Paepe. - 'Dislocatio11de lïntcrnationale à la suite de la déj1ite de la Co1111111111e de Paris. - les 'Partis ouvriers. Les prolétaires ont commencé par demander chapeau bas quelques réformes aux classes dominantes. Cette attitude déférente ils la gardaient même pendant la bataille, même dans l'énivrement de la ·victoire. Nous vous prions au nom de la justice et de l'humanité, disaient après les mémorables journées de novembre 18 J 1, aux ministres de Louis-Philippe, les travailleurs de .Lyon maitres par la force des armes de l'Hôtel-de-Ville, nous vous prions de vouloir . bien. présenter au Parlement un plan d'organisation du travail tel que le fruit de notre . labeur ne devienne pas le partage exclusif de quelques privilégiés.

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