LE SOCIALIS~IE A L'UNIVERSITÉ DE BRUXELLES 523 à Graham, qui est cependant un adversaire : « Bien que le socialisme complet exige un progrès moral qu'il n'est pas probable de voir se réaliser bientôt, une partie du socialisme, une amélioration considérable de l'état présent est possible, sans réclamer une nature humaine beaucoup meilleure que ce qu'elle est.)) En outre, il faut ne pas oublier que la réalisation des réformes actuellement possibles, exercerait une action éducatrice considérable, amènerait des progrès moraux qui permettraient des transformations économiques nouvelles. Les syndicats professionnels sont des écoles d'altruisme, l'assurance obligatoire enseigne la prévoyance, car la solidarité forcée que la législation tutélaire établit entre les intérêts, se fixe dans la concience selon les lois psychologiques de l'association et de l'habituùe. La loi d'hérédité les transmet comme disposition organique. Par là même, l'Etat prépare sa propre abdication; elle est d'avance inscrite dans les lois de l'esprit humain qui renùent finalement toute contrainte extérieure superflue. L'amende et la prison deviendraient inutiles pour que les enfants aillent à l'école, dans un pays où, grâce à l'instruction obligatoire, tout le monde aurait appris à lire. L'étude si négligée encore de la psychologie ~conomique montrera, qu'un minimum d 'altruii;me réalise des structm·es économiques qui élèvent l'altruisme à nn degré supérieur; que,dès lors, est possible un socialisme graduellement aùapté à l'évolution morale de la nature humaine. II. - Ln srconde notion fondamentalf qur H. Denis fait P11t1·fr dans la définition dn socialismf, dest let conceptio11 d'un droit économique nouveau, qui et pour principal caractère l' ac! ion réformatrice del' Etat. A vrai dire, il est certaines écoles, les phalanstériens, par exemple, et aujourd'hui les anarchistes, qui se fondent exclusivement sur le co11lrat, la libre entente. Néanmoins, la tendance étatiste du socialisme, à la fin XIXe siècle, n'est guère contestable; sous la pression des masses ouvrières, la société, représentée par l'Etat, tend de plus à exercer une action régulatrice sur sa propre évolution. Tout le monde connaît les objections de l'école libérale, fondés sur l'inéluctabilité des lois naturelles et sur le ùanger de toute entrave à la liberté individuelle. H. Denis les soumet successivement à une critique pénétrante. L'opinion que les phénomènes sociaux doivent être abandonnés à leurs cours parce qu'ils sont soumis à des lois naturelles n'a pu prévaloir qu'aussi longtemps que l'on a donné à ces lois le caractère de tendances absolues et invariables. A mesure que l'expérience a révélé les actions m·odificatrices qui les troublent
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