518 LA REVUE SOCIALISTE devant cet hot'l'ible lendemain, rouge de sang vel'sé pour le bon droit, pousrnient lc gou \ ernement aux violences, ou, tout au moins, se refugient derrière de misérables équivoques ... Nons les comparions à ces milliers de travailleurs ohs<!urs, sans espoir d'avantages personnels pour eux-mêmes, bravant les derniers périls pou1· le Jroit qu'ils défendaient ... et, quand on l~ur montraitl l'intérêt du prngrès démocratiqu~ et social, immolant jusqu'à leurs légitimes colères, jusqu'au souvenir de leurs trois mois de misere, à l'intérêt suprême de lïdée ! Les évènements de Lens se rattachent au mème système de provocation capitaliste et réaction na ire que ceux de Carmaux .. Qua11dnous l'avons dit, Le Patriote belge nous a courtoisement accusé de mensonge. Or, voici la déposition précise de Basly: A la suite des élections municipales du mois de mai, la Compagnie fut évincée de la mairie de Liévin, dont les mineurs prirent possession. A partir de cette date, on commença à sé1•ir contre les conseillers municipaux élus, contre les syndiqués, que l'on renvoyait de la mine pour le moindre prétexte. On embauchait à leur place des ouvriers belges. A la fosse n· 3 de Liévin, deux cents belg·es fureJJt embauchés. Comme ils étaient 0hligés de pa'sser par la mairie, ils ne poul';,ient se dissimuler. « Au train dont on y allait, nous voyions le moment où il ne resterait plus de Français, par conséquent plus cl'électeu1·s à Liévin. C'était évidemment l'affaire de la Compagnie; cc n·6tait pas celle de tout le monde. « Des agences d'embauchages s'ctaient organisées et fonctionnaient dans le Borinage. Chez nous, également, sous nos yeux, des agents fonctionn11ient, embauchaient des Belges moyennant une commission de 5 francs par tête. « On commen~:a â murmurer et à protcste1·. i\Iais, au préalable, nne délëgation fut e1noyée par les mineurs au directeur d~ la mine pour lui demander l'embauchage des Français. On fit à la dclégation un accueil charmant et de très belles promesses. u Puis rien ne vint. « Le 15 aoùt a propos du dé;iart d'ull certain nombre de jeunes gens qui s'en allaient fa:re leurs 28 jours, eut lieu la premicre échauffource: Il y eut dcs poursui tes et un"' dizaine de prévenus. On n'arrêta personne. « Arriva le jour de paye, le 22 aoùt. Les tèLes étaient montées. des Yioleuces se produisirent; on défonça soixante-dix fenêtres des maisons habitées par des Belges. Le procureur de la République fit dresser huit pfocèsYerbaux. Cette fois encore personne ne fut arrêté. <t La semaiue suivante, il y eut un jour de chômage à la fosse n· 8 de ):,eus. TTnedélégation se présentai chez le directeur qui, lui au_ssi, fit des promesses. Le travail reprit. Mais les prou,esses ne fur,rnt pas tenues. « Pendant la troisiéme quinzaine le mécontentemeut gagna Courrières ; les manifestations recommencéreot à Liévin. cc Alors, sur une intervention de la Belgique, le procureur de la République fit arrêter tous les prévenus et il y eut des condamnations qui varièrent de deux à six mois de prison. « Sur ces entrefaites, des délégués nous furent envoyés par la Fédération des minew·s belges. Des pourparlers s'engagèrent, malgré les attaques rlirigées contre moi par ·111J. eau Volders, directeur du Peuple, qui fut désavoue. Nous publiâmes le manifeste qui mit fin à tout. <t De leur côté, les Compagnies avaient réflccbi et reprirent les conseillers municipaux et les syndiqués qu'elles avai&nt précédemment renvoyés.
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