La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

BULLETIN 515 n'avoir pas accepté immédiatement la sentence arbitrale, mais le sentiment de solidarité auquel il_sobéissaient était noble et génértlux. (lüisc). Du Rappel: Une fois de plus, les mi11eurs d.i Carmaux donnent à l~ur Compagnie et .au gouvernement une leçon de dignité. Ces hommes qui s'étaient levés pour dêrendre la Répulllique et le suffrage uniYersel, qui, plus tard, ont pratiqué si admirablement la solidarité en refusant d'abandonne1· leurs camarades, ont compris que, dans leur gréve, deux questions se trouvaient en jeu: la question politique et la question sociale tout entiëre. Sur le terrain politique, ils ont remporté une grande victoire. L·arbiti·e a proclamé leur droit et toute la,population ouvriére de ce pays les a soutenus. Au point de vue social, il en est encore do même, bien quïci le triomphe soit surtout moral. Les mineurs de Carmaux tenaient dans les mains l'avenir ,du socialisme. Ils n'ont pas voulu le compromettre, ils n'ont pas voulu qu'on pùt les accuser d'avoir, au cas où des événements déplorables eussent marqué la continuation de la grëve, provoqué ces éYènements; ils n'ont pas \'Oulu davantage laisser dire qu'ils n'avaient pas eu-confiance en leurs mandataires. Et, dès qu'ils ont été sûrs que les 1nalheureuses victimes de la Compagnie seraient graciés et pourraient se procure1· du travail, ils ont, avec un ensemble magnifique, declaré quïls redescendraient dans les fosses. C't•t un bel exemple: nous le saluons. Aussi bien, la gTève de Carmaux fera-t-elle d:ite dans l'histoire ùes revendications sociales. Cil mouvement, né r1·une insulte faite au suffrage universel ~t prenant fin ainsi, restera avec un caracté1·e grandiose que, seules, des personnes de mauYaise foi oseront conlestoir. (C. Bos). De la Lanterne: La volonté populaire victorieusemP.ot atfirméi>, le sulTrage universel vengé <!'odieuses tentati\'eS ayant pour hut de le mutiler; la République consolidée dans son principe par les mineurs de Carmaux qui ont, de plus, Jonnè les preuves Jes plus touchantes des sentiments de solidarité qui les animent, tels sont les précieux résultats acquis par cette grève dont le souvenir restera dans les annales de la démocratie française. C'est là ce qui caractérise cette grë,·e et lui assure une place à part dans le sou\'enir reconnaissant de la democralie républicaine : elle n'a. été ent1·eprise et poursuide qull pour un principe, et, malgré les privations, J,..ssouffrances matérielles, les crucllt-s ince1·titudes pour l'avenir qui oinétaient la conséqut!nce, elle n'a c~ssè que lorsque ce principe a triomphé! Du Radical: Ainsi que nous l'avions espéré, la grëve de C.1rmaux a pris fin. La réunion génerale des mineurs, après avoir enlendu .M. Clèmenceau, a voté à l'unanimité, la repribe du travail. Les ouvriers rltl Carmaux ont bieu mérité de la République. Défenseurs <les droits ùu sulTrage uni,·ersel, ils ont bravé pendant deux mois pour cette noble cause et la misère et la calomnie. lis ont fait jusqu'au bout leur devoir. {Henry MARl::T). De la Lib1·e-Pa,·ole: Il faut voir tout cela avec une certaine largeur d'esprit. li y a. cent vingt ans, on aurait stupéfié les Français en lèur disant qu'un prince ou un duc serait absolument, au point-de YUede la loi, l'égal d'un pauvre diable.

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