La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

511 LA REVUE SOCIALISTE qui l'a rendue, mais non pas des prolétaireR républicains qui avaient accepté l'arbitrage) a été améliorée, sous la double pression de l'action socialiste et de l'action radicale heureusement coalisées. en la circonstance. Cet heureux concours est dû en partie à Ba.udin, Ferroul et Duc-Quercy qui ont fait preuve d'un grand sens politique, en n'acceptant pas la délégation qu'on leur offrait et en incitant les mineurs à nommer (cc qu'ils ont fait) les trois chefs de l'Extrème Gauche, Clémenceau, Pelletan, Millerand. C'était obliger en quelque sorte le parti radical tout entier à donner de toutes ses forces et à entrainer la victoire. Ajoutons que les trois délégués ont été dignes de la confiance des mineurs et que gràce à eux les courageux mineurs de Carmaux ont en somme satisfaction, et la première tentative d'arbitrage entre travailleurs et capitalistes n·aura pas failli. Ce n'est pas là un résultat dédaignable. Tout Pst fondé sur la lutte et snr l'opposition ùes intérêts dans la société actuelle; entre les nations, pas d'::s.utredroit que celui de la guerre ; entre les partis politiques, des hostilités implacables; dans le monde économique,les antagonismes perpétuels, de brusques et toujours renaissants conflits. Et dans ce dernier cas, la lutte n'a pas lieu sur le terrain de l'égalité. Jusque lù, les gouvcrnants,même républicains,ont toujours considéré les grévistes comme des révoltés dangereux et comme des émeutiers probables qu'on doit s'efforcer de terroriser par des provocations de police et d'insultantes précautions militaires. On a Youlu faire de mème cette fois; mais il a fallu en rabattre devant l'admirable sentiment public de l'agglomération ouvrière carrnaurienne et se résoudre à traiter les travailleurs en belligérants. Sur ce terrain le prolétariat, qni a pour lui le droit, le nombre, l'idée républicaine et la justice sociale, en un mot toutes les forces vivantes ei toutes les agpiratious progressives de l'humanité militante, est sùr de vaincre. Carmaux n'est que le modeste début d'une série féconde de victoires ouvrières. La presse démocratique tout entière en juge ainsi, avec raison; quelques extraits l'établiront: Du Paris: Et maintenant cette grhe si longue, si pénible, qui nous a apporte tant d'angoisses, qui nous a fait si souvent penser à lïrréparable malheur de Fourrnies, n'aura pas clé inutile. Je crois que les Compagnies hésiteront désormais à toucher à la liberté électorale de leurs oul'riers, à leurs droits de citoyens. Cette liberté, ces droits, les mineurs de Carmaux ont consenti de durs sacrifices pour lei: faire respecter. Ils ont, certes, eu le tort grave au commencement de se livrer à des actes de Yiolence. On peut le!! blâmer anssi de

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