La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

• 506 LA REVUE SOCIALISTE Dans un a<lmi:·able élan, M. hlillerancl ajout3: ,, La jus tire est la garantie supl'ème d~ la paix sociale. Pour qu'elle ~oit la haute pacificatrice, il faut qn'elle inspi1·e confiance à tou. et que ses balances ne ~oient faussées au profit de pe1·sonne.Depnix dix ans la conscience publiqu_e a vu, avec indignation et surprise des 11nanciers de haut vol ayant une main tians toutes lt'S caisses, ràfle1· impunément la fortune et l'épargne de la société : ces voleul's, ces coquins sont demeurés impunis, et ils jouissent en paix du fruit de leu1·s rapines. « Quel jugement voudriez-vous que portàt l'opinion publique si, à côté de ces grnnds coquins impunis, on voyait frappet· les petits mineurs de Carmaux, coupables seulement d'avoi1· poussé un cri de rage contl'e cette compagnie qui, après leu1· avoir enlevé leu!' dignité d'hommes, veut leu!' enlever leu1· inMpendance de citoyens. Yous ferez votre devoir ùejugus. J'attends l'acquittement. » Cependant les juges ont condamné. Qne pouvait-on attend,e de mieux?- Le pl'inci pal d'entre eux. !Il. Gl'anié est le _qendre de l'itn des plus forts actionnaires des mines de Carmaux et il n'a pas eu la pudeul' de se ré~11se1·. C'est pour plaire. sans doute, à cc jiige-el-partie, que le procu1·r•ur parlait sans <'essede i·ebellion et de i·évolles, dans une accusation de violente contre un pa1·ticulicl'. Aussi est-ce.à bon droit que toute la presse franchPment l'épuhlir~ine est J1<1ul1e·s mineurs de Cal'maux. contl'C leurs oppl'esseu1·s, et je suis l;ie11<'e1·- tain que, mieux info1-mé pal' le prori's <l'Allii, mon honorable cor1•pspnndant est lui aussi maintenant pour les victime11 qui luttent pour la République, )JOUI' le suffrage universel et pour la dignité des t:-availleul's.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==