50i LA REVUE SOCIALISTE il y a celle qui en tient l'lS fils, cette Compagnie qui, en 1880, comme le disait la Dépêche, distribua..i.t170/0 de dividenrles et mettait encore dans sa caisse. en dehors d'un million de réserve, 8i6,000 francs ; cette compagoie qui, riche à millions, ne donne à ses ouvriers qu'une part infime de ce qu'elle gagne et qui, lorsque, comme au mois de ma1·s dernie1·, est .obligée de faire ·une concession, n'a qu'une idée: reprendre la concession qu'on lui a arraché. Voilà les deux acteurs en présence. <<Le 15 aoùt, cc n'était pas contre Je despotisme économique de la Compagnie que se levait la foule, c'était contre une tyrannie politique, odieuse, intolérable. Cette tyrannie politique, M. Humblot a eu l'audace de répondre ici, à Albi, où tout le monde sait le contraire, que la Compagnie ne l'avait jamais exercée. <<Jamais I pas mème en 1885, lorsque le baron Reille usait d'une p1·essiôn scandaleuse, pas même en 18~7 et en ·1880,lors9ue la Compagnie prenait pa1· la famine ses ouvriers. leur mettait le couteau sui· la gorge et leur <lisait: Ou vote?. pour nous, ou vous n'aurez pas rie pain 1 <<Prenez les chiffres mêmes de la Compagnie. Avant 1889, on exécutait à peine 280 journées à Carmaux; c'était le chômage. En 1889, nous assistons au spectacle inouï d'une Compagnie qui se sert pour faire de ses ouvriP,J'Sses électeurs, <letous ses moyens; la 1·use, par la distribution ùe cartes que l'on était obligé de remettre à la rentrée dans les bu1·eaux; la séduction. Une femme allait partout, de porte en porte, prenant en voiture les enfants, cajolant les.mineurs. et disant: <<li fant être du côté. du pain ! » Beaucoup de mineurs n'ont pu résistei· à la tentation. Je n'ai pas le courage de leur en faire un crime. <<Les.patrouilles que l'on rep1·oche aux grévistes de faire, mais elles ont été copiées sur les patrouilles de M. de Solages. Il y a entre elles cette différence : celles des grévistes sont faites de dévoués et de travaillants qui n'ont pas de pain, celles du marquis, de gens mangeant bien et buvant encore mieux. Je dois reconnait1·e qu'après 1889, la Compagnie,a tenu ses promesses. Elle avait dit: Prenez Solages et vous aurez du pain. En moins d'un an le nombre des ouv ..iers s'est augmenté de mille. Seulement, il s'est produit alors un fait bien humain et ùien heùreux; les mineurs se sont repris, même ceux emùauchés en 1889. Ces serfs ont eu assez de leur servitude et ont voulu rep1·endre leur dignité d'hommes et de citoyens, et c'est à ce moment qu'ils ·sont devenus fol'ts et alors qne Jeurs victoi!'es ont commencé. <<C't,st d'abord l'arbitrage ùe 18()2,dans lequel ils ont eu pleinement satisfaction; ensuite ç'a été leur victoire politique lorsqu'ils ont .llu Calvignac mairê et enfin conseiller à'a1Tondissement. Le lendemain de son élection, Calvignac était renvoyé. C'etait sans doute une simple coïncidence, comme il y a\'ait eu une coïncidence lorsque quelques jours avant, Calvignac avidt accompli son devoil' de mail'e en exigeant ries l'edevances que la Compagnie devait à l'Etat. Vous avez ])l'étendu que Calvignac avait été renvoyé parce qu'il ne pouvait accomplir ses fonctions ·d'ouvl'ier à cause de ses oùligations politiques. Mais quand vos autres agents, vos médecins, vos ingénieurs, vos pol'ions, comme cela a été démonl!·é, avaient accepté ces mèmes fonctions politiques, les avez-v.ous l'en%yés? Non. <lCalvignac était le l'epl'ésentant des ouvl'iel's et vous l'avez ù1·isé. La Compagnie l'a nié; elle ment. Je n'en veux pour preuve que les décla1·ations de M. Jossie1·, ce p1•éfetqui oublieux de l'exemple de M. Hendlé qui accourut de Rouen à Rodez poul' dépose,· dans l'affaire des mineurs de Decazeville n'a pas Cl'u devoir venir. M. Jossier a reconnu que, si la Compagnie se trouve dans la sit-uation actuelte, c'est pal'ce·qu'elle avait voulu mettl'e à la pol'tP un cel'tain nombre ù'ouv1·iers q11ila gênent.
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