CORRESPONDANCE 503 savoir au moin~ se résigne,·. Le contt-aire est une forfaiture. l\lon honoralJle_ contl'adicteur n'a pas pdné comme j'ai eu à Je faire de longuPS années dans les bagnes capitalistes, autrement il comprendrait que !'écrivain socialiste qui tient une plume, sent l'indignation lui monter au cœur, lorsqu'il se trouve en face d'oppressions et d'iniquités dont., ppm· les avoir souffertes, il c01rnait' .bien toute l'horreur. Il comprendrait aussi. dans le cas de Carmaux, que pour que les ouv1·iers en soient ·venus â s'ameuter contre le directeur HumlJlot, que l'on désigne couramment là-bas sous le peu flatteur sobriquet de Buveur dP.sang, il a fallu que ce triste personoai;e ait. bien des abus de pouvoir à se reprocher vis-à-vis des malheureux tl'availleurs qu'il exploite, opprime et peut affamer à son g1·é. Au reste j'espère que le procès d'Albi am·a édifié mon corl'esponùant sur la moralité de M. Humblot; il a dù 1·econnaitre ne pas avoir été menacé et il a poussé l'oubli de sa dignité jusqu'à se !'endre coupable d'un mensonge patent quand, â l'interrogation de l\lillerand : La compagnie n'a-t-elle pas (oit de la pression poli.tique sur ses ouvl"iers? il a osé répondre: Non, jamais! C'est nier l'éviùence, on le savait du reste et les débats l'ont établi, sans ombre de contestation possible. Je croirai offonsu· mon honorable currespondant si je lui disais : Trouvezvous digne d'estime l'homme tout-puissant qui, pour aggraver le cas dtl pauvres diables qu'on va condamner, se rend coupable d'une pai·eille entor:;e à la véritê? Il m'est au moins permis de lui dire : Vous ne ,roulez pas que l'on parle de la peu intéressante Compagnie, en effet, vous seriez obligé d'appo:·ter vous aussi vot1·e tlétl'issure a ses rapaces qui volent les forêts communales, subtilisent les mines, en un mot s'app1·0prient la fol'tnne publique et sans vergoi:rne exploitent dnl'ement leurs ouvrie1·s, les affament lorsqu'ils ne veulent pas se faire des instruments de l'éaction, car ces parvenus ont sul'tout la haine de la Révolution qui les a enl'ichis. • C'est bien là la signification du renvoi de Calvignac, l'Elu ouvrie!'. Il demandait d'abord quelques joul's de congés pour remplit· ses fonctions <le maire, sans êt1·e payé pendant ses absences, naturellement. Ce fut une vengeance politique du monarchiste impénitent Reille de les lui refuser;. et, lorsque les ouvriers se sont bornés à demander la mise en congé de Calvignac pendant tout le temps où il sei·ait maire, il y a méchanceté basse et provocation à le refuser. N'est-re pas à vous que je puis demander: Pouvez-Yous croire sérieusement que les agissements des Reille, Solage et cons01•t.s ne sont pas une nouvelle déclaration de guerre â la République, un attentat contre le suffl'age uni\'e!'sel? Reste le fait de la grève rendue obligatoire pour quelques lâcheurs. Je ne puis mieux fafre, sm· ce point, que de publier une analyse de la belle et généreuse plaidoirie <le mon ami Alexandre Millerand : ((Ce qui s'est passe le 15 aoùt, ce n'est qu'un épisode de ce grand drame qui commence à se jouer dans notre pays et le monde entie1·, comme partout ailleurs. "Il y a deux acteur·s en présPT,ce: le peuple, non pas cette poignée de prévenus choisis par le hasard ou des rancunes de dénonciateurs, mais la population tout entière de Carmaux; en face, il y a non pas Humblot, cet instrument docile et irresponsable de. la Compagnie, non pas ses subordonnes, depuis les porions jusqu·aux ingénieurs, non pas ces marionnettes, mais
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