402 LA REVUE SOCIALISTE Il est, du reste, suffisamment prouvé que les mineurs belge~, tout en acceptant rie travailler moyennant un salai1·e peu élevé, consentaient volontairement à l'augmentation du nombre des heures de présence dan" le fond de la mine. De là est né en grande partie le mouvement qu'on constate. 2· De pol'ter atteinte au développement des associations syndicale!\, tout en enrayant le mouvement des fédérnt.ior,s internationales de mineurs. Les Compagnies houillères ne visent qu'une chose: Renverser ces institutions pour rccor.quéril- dans l'avenir leur p1·estige d'autrefois et asservir davantage encore les ouvriers qui, par un travail dangereux et pénible, contribuent à foire fructlflcr les capitaux des richissismes actionnaires. Les mineur,- belges n'ont pas suffisamment compris la manœuvre, et tout porte à croit-e que c'est inconsciemment qu'ils ont accepté de faire le jeu des Compagnies. 3· D'eutrave1· la libre expression du suffrage universel en congédiant de parti-pris les mineurs français et plus particulièrement ceux investis de fonctions électives, pour les remplacer par des étrangers. SUI' ce point les Compagnies houillères jalousent l'association syndicale qui, par sa puissante organii,ation, a réussi à évincer dP.s cooseils·municipaux bon nombre d'agents et d'amis de celles-ci. Cette atteinte au suffrage universel ne saurait être tolérée, car la tactique des exploiteu1·s ne consiste qu'à mettre en péril l'espoir qu'ont les mineurs de France de voil' tl'iomphei· dans un temps plus ou moins proche les lois à l'état de projet qui doivent améliorer leur situation. Frères belges et fran~·ais, le conflit qui a éclaté entre vous est très regrettable. A nos frères belges, plus malheureux que coupables, nous recommandons de s'unir à nos frères de France, dE\marcher la main dans la main à la conquête des réformes et du bien-être commun ; nous les conjurons de faire partie d'un syndiC'at <le mineurs et nP- pas tr1tvailler plus longtemps ni à meilleur compte que les Françai!'-1 car les capitalistes n'ont qu'un but: rendre les mineurs esclaves et de plus en plus malheureux. Il ne doit pas y avoir de Belges ou de Français; ne s0mmes-nous pas tous les enfants de la même granrle famille d'humanité 'f Notl'e but n'est-il pas d'obtenir, en travaillant, le pain nécessaire pour nos femmes et nos enfants rt la pal't de bien-être à !&quelle nous avons r!roit? l\lineurs fran~ais, vos frères belges vous tendent une main fratemelle, acceptez-la I Réfléchissez aux véritables origines du confit et ne vous en prenez plus à l'avenir aux mineurs irresponsables de l'agitation qu'on a intentionnellement provoquée parmi vous. Donnez cette preuve de bonne ronfraternité aux ouvriers belges qui aiment la France et qui forment des v~ux pour sa prospérité, son bonhrur et sa liberté. (Signé): CALLEWAERTC, AvRoT,MARO1LLE, BAt'LT, LHJE:--01:s, EYRAUD. La grève de Carmaux. - La lutte reste ouverte. Jamais on ne vit un tel élan de solidarité morale pour l'unique satisfaction du triomphe des principes républicains. La presse modérée elle-même tiuit, sans oser l'avouer franchement, par être stupéfaite de l'outrecuidante malfaisance de la gent actionnaire. Toutes les sympathies sont désormais acquises aux admirables ouvriers de Carmaux, dont l'attitude si digne con-
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