l\lOUVEll!ENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 4S9 LE CONGRÈS DE LONDRES Considérant que la journée de huit heures est iuscrite SlJI' les pl'ogammes socialistes des deux. mondes et que sa réalisation se1·aétt1diée au congl'ès international de Zurich ; Considé1•ant que les Trades Unions de la Grande-Bretagn<' et l'Il'lande après avoir pris part au Congrès de Bruxetles déchil'ent le pacte international à Londres en opposition à celui de Zurich ; Considérant que l'agitation pou1· la joumée légale de huit heu!'es est sortie du congrès international de Paris an 1889 et que les vieilles Trades Unions ne l'ont acceptée que sous la pression du mouvemeut socialiste; Cons1ùérant que le pal'ti socialiste international ne peut laisser limiter à la seule questio!J de huit heures l'agitation ouvrière, ainsi que le désire la majorité ries tractes unionistes de Glasgow. Le dixième congrès national du parti ouvrier français, formé par les représentants de six cent vingt-deux chambres syndicales et des g1·oupes sociacialistes, décide qu'il~ ne prendrout pas pait au congl'ès de Londres. li blâme la majol'ité antisocialiste de Glasgow d'avoir essayé de jeter la division dans le parti en organisant le congrès de Londres et invite les tractes unions à se rallier au mouvement ouvrier international et à se faire représente!' au congrès de Zurich. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES Le congrès décide : l • Que, fidèle à son rôle d'agitateur et d'insti·ucteur des masses prolélariennes, le parti devra, l'année prochaine, engager la lutte dans toutes les circonscriptions où il compte ùes groupes ou des membres. 2· Qu'au cas où par endroits, des coalis11tions s'imposeraient, les candidats du parti sont tenus à rester sui· le terrain de la lutte de classe et à arborer le programme général du parti. 3· Qu'il sera toujours loisible aux groupes d'adjoindl'e à ce programme telles revendications locales ou pi-ofessionnelle:, qui seraient jugées nécessaires, étant donné qu'en aucune cit'constance ces adjonctions ne seront en contradiction avec le but du parti et sa tactique. Le congl'és invite, en outre, les membres du pa1·ti à se préparer. ùês aujourd'hui, à la pl'Ochaine bataille électorale, en Ol'ganisant sans tarder et pal' semaine le sou du scrutin. LA QUESTION AGRICOLE Le congrès adopte: les résolutions suivantes : Al'ticle premier. - Minimum du salaire fixé par les syndicats ouvriers, agricoles et par les conseils municipaux, tant pour les ouvriers à la journée que pour les loués à l'année (bouviers, valets de ferme, filles de ferme, etc.). A1·t. 2. - Création de prud'hommes agdcoles. Art. 3. - Interdiction aux communes d'aliéner leurs terrains communaux, amoùii.tion par l'Etat aux communes des terrains domaniaux maritimes et autres terrains incultes. Emploi des excédents des budgets communaux à l'agrandissement de la propriété communale. Art. 4.. - Attdbution par la commune des terrains concédés par l'Etat, possédés, achetés par elle, à des familles non possédantes, associées et simplement usufruitières avec interdiction d'employer <les salariés et obligation de payer une redeYance au profit du budget de l'~ssistance commune.
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