La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

488 LA REVUE SOCIALISTE lourde. Si vous ajoutez de nouveaux articles socialistes au programme de Lyon, vous tiendrez C'Omptede la situation d'infé1·iorité dans laquelle se trouYent les communt-s, vous ne nous imposerez pas des efforts au-dessus de nos forces, c'est-à-dire au-delà des limites de notre restreinte tutelle. Notre cause est si juste, Messieurs, que le temps est p1·ocheoù vous aurez èonqu is les assemblées électives et pénétré dans les pouvoirs publics les plus considéra1,les. Ce jolll·-là, vous nous restituerez notre at1tonomie communale et vous pourrez compter sur n<•t.reconcours effectif. En terminant, le maire déclare qu'il faut, avant tout, que la propagande socialiste s'effectue sans aigreur. Je sais bien, dit-il, que certains plus violents ne nous pardonnent point d'êt1·e dans les assemblées. Il y a tout lieu, cependant, d'attend1·e du rayonnement pacifique des idées socialistes. Il ne faut point haïr ceux de nos frères qui n'ont pas encore vu la lumière. Le règne de l'égoïsf!le n'est pas éternel et il ne résistera pas chez le bourgeois à qui l'esprit de justice et la logique finiront bien par dessiller les yeux. Nous sommes disposés à. combattre tous les privilèges; nous essaierons de faire disparaitre toutes les inégalités ; elles constituent des classes. Mais nous n'oublierons pas que nous avons devant nous ries frères qui n'ont pas d"autre tort que celui de n'avoir pas encore comp1·is ce que comporte l'idée socialiste. La violence et la haine ne sauraient être des moyens dignes de nous ..... Voici 111aintenant les résolutions votées LE PREi\JIER MAI Considérant que la démonstration internationale du 1er i\Iai a pour but d'affirmer la solidarité des travailleurs de tous les pays et de les acheminer par une action commune à l'expropl'iation politique et économique de la chsse capitaliste; Considérant que la jJumée de huit heures. qui a été choisie comme la revendication principale et générale, est en même temps que la plus importante des réformes à arrache1· à la société bourgeoise, une protestation contre le surtravail dont les prolétait·es sont victimes au seul prnflt de la classe parasitaire, et le moyen de démontrer aux masses encore ignorantes qu'elles n'ont rien à attendre des pouvoirs publics, tant qu'ils SP-rontaux mains de leurs exploiteurs économiques. Le deuxième congrès national du parti ouvrier décide. 1• Que le 1er mai 1893, le travail devra. être partout suspendu et les usines, mines, ateliers videP, où les travailleurs ne manufacturent avec la fortune ùu maitre que de la misère pour eux et leurs familles ; 2· Que, pour le reste, les traYailleurs auront à manifeste1·, d'apl'ês les circonstances locales et sous la fo1·me qu'ils jugeront la meilleure, soit qu'ils votent comme à Paris, où le scrutin sera ouvert pour des candidats de leur classe, soit qu'ils usent de leur droit à la rue, soit qu'avec les municipalités socialistes ils fêtent leur premier avénement au pouYoir communal, soit que, par de nouvelles mises en demeure, ils fassent éclater la mauvaise volonté et l'impuissance des dirigeants bourgeois. Le congrès entend n'exclure aucun mode de participation au 1er mai ; il les admet tous et ne dem1tnde au prolétariat français que d'être debout ce jour-là, au cri de : « Vivent les huit heures I Vive l'internationale ouvrière f »

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