MOUVE~!E:'<T SOCIAL E:', FRANCE ET A L'ÉTRANGER 487 « Deux discours ont été prononcés presque simultanément: l'un à Marseillle, au Congrès ouvrier, par M. Liebknecht parlant au nom des socialistes allemands; l'autre à Montauban, dans un banquet royaliste, par I:vi. d'Haussonville, iuterprète du comte de Paris. « On dirait entendre à la fois le tE>stamentdu passé et le programme de l'avenir, la voix d'un monde qui finit et celle d'un monde qui commence. « Tout ce qu'a dit M. d'Haussonville est vieux, usé, rabâché cent fois par les réactionnaires devant la France inattentive. 11 Les accusations portées contre la République sont aussi injustes que les serviles avances faites à la démocratie sont inutiles. « Le discours de M. Liebkuecht a au contraire une immeuse portée. << Entre chaque ligne, on voit apparaitre le programme internationaliste du prolétariat, qui monte à l'horizon et qui garde le secret des lendemains mystérieux. cc Au nom des travailleurs allemands. le délégué du sociali::;med'Outre-Rhin a répudié l'odieuse politique de conquête qui a creusé « le large fleuve de sang ;,,. « Nous n'avons pas l'illusion de croire que la situation va se trouver modifiée et que les Allemands comprendront immédiatement les hontes du caporalisme qu'ils subissent et les dangers que leur apporte l'inique annexion de l'Alsace-Lorraine. « Mais c'est un résultat que de voir répudier par un député au Parlement allemand, par un chef du socialisme germanique, toute solidarité avec le crime commis en 1871, par l'abus de la force. » Avant de donner le texte des résolutions votées, citons encore quelques passages de l'allocution prononcée par le maire de Marseille à l'Hôtel-de-Ville, où il y eut pour le congrès politique une réception semblable à celle du congrès syndical. Nous constatons que le pl'ogramme de Lyon, dont vous êtes les auteurs a rencontl'é ici une majorité considérable. Pour le soutenir et le fai1·etriompher, nous somm.,s diSJJOSés à accepter dE'sormais vos résolution et à vous suivre dans la carrière que vous tracerez. Nous sommes co11"aincus que vos résolutions ne seront jamais autre chose que l'expression sage et logique de ce que désire lui-mêmi, le peuple. Le Conseil Munidpal de Marseille indiquait dernièrement par un vœu qu'il adoptait à la presque unanimité qu'il comptait snrtout sur le suffrage universel comme moyen d'action pour la transformation de la société. N'ottbliez pas, cependaut, que les conseils municipaux ont actuellement de fc;>rtmodestes pt•èrogatives et que la. tutelle du pouvoir central leur est
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