486 LA REVUE SOCIALISTE proclamer avec nous, qu'une seule pensée exp!'Ïmée en un seul cri nous unigse à travers frontières et océans: « Le capitalisme est l'ennemi ! ll Receve1., Compagnons, l'expression des sentiments de solidarité et <le fraternité du parti ouvrier belge. et croyez que nous a"ons pour tous nos. confrères, ceux de Belgique et de l'étrnnger, la mAme affection. Pour le Conseil général du parti ouvrier, J,e Secrétafre pour l'extérieur: Jean YOLDERS. Le Congrès avait débuté par une proposition contenant ces mots: Le Congrès, douloureusement ému par les troubles de Liévin et de Lens, crie aux mineurs du Pas-de-Calais: Cessez cette lutte f,·atricide. Ce n'est pas contre vos frères de Belgique que se doivent tourner vos colères, mais conti·e les Compagnies qui se servent de leurs bras pour vous affamer et vous asservir. Puis Liebknecht a pris la parole. en ces tel'mes: Compagnons et Frères, Je suis trèg heureux de me rend1·e parmi vous parce que nous avons. une politesse à vous rendre. En effet, lors de notre Congrès de Halle, vous nous avez envoyé F'erroul et Guesde; aujourd'hui je suis envoyé par l'ensemble de la democratie socialiste allemande, crabord pou1· vous remercier et. ensuite et surtout pour vous dire que ceux qui disent que nous ne sommes plus internationalistes nous calomnient d'une façon infâme. Notre programme nouveau est sur ce point beaucoup plus affirmatif que l'ancien. Nous considérons aujourd'hui plus qu'hie1· q11ïl n'y a dans le monde que deux nations: r•elle des prolétaires et celle des capitalistes. Nous sommes encore forcés d'appeler nos Congrès partiels des Congrès nationaux, mais c'est improprement qu'ils sont encore nommés ainsi, la preuve c'est que je suis ici. Les gouvernants ont fait couler un fleuve de sang dans l'espoir qu'il pounait servi1· de frontières entre vous et nous, mais il sont loin d'avoil· réussi en Allemagne où la France i<ocialiste est aimée. L'armée ouvrière enfin constituée, marche avec certitude à la victoire, elle triomphera sùrement car nos ennemis se tuent eux-mêmes; en Allemagne, nous faisons tous nos efforts pour précipiter leur chute, car nous avons toujours les mêmes doctrines qu'il y a quinie ans, le seul changement survenu c'est que nous sommes plus nombreux pour les défendre. Notre programme nous l'avons accentué: si nous avons modifié not1·e tactique c'est que le terrain de la lutte a changé depuis que nous avons force nos gouvernants à ne pas renouveler les lois ù'exception, ce qui permet de lutter aujourd'hui au grand jour I mais surtout ne pensez pas un instant qu'un parti qui a vaincu un homme comme Bismarck peut être lui-même vaincu ou corrompu. Je termine, chers compagnons, en le poussant le cri par lequel nous terminons toutes nos réi;nions en Allemagne: • Vive la démocratie socialiste internationale et révolutionnaire 1 Ce discours que les interviews subséquentes auxquelles Liebknecht a dù se prêter ont dignement commenté a inspiré au Pstit Parisien, nullement 5ocialiste les réflexions suivantes:
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==