MOUVEMENT SOCIAL E:'.'l FRANCE ET A L'ÉTRANGER 185 <:ommence l'agonie du régime autocratique russe et où la Russie entière, affamée par l'avidité et la stupidité de son gouvernement, :s'apprête à arracher son droit des· mains ensanglantées de ~es oppre~seurs. La France ouvrière et socialiste est une ennemie implacable du despotisme; elle ne s'alliera qu'à ceux qui travaillent pour l'affranchissement politique et pour l'émancipation économique de la France productive. La vieille Russie qui se meurt - asiatique et despotique - est une alliée naturelle et indispensable cle tout ce qui est réactionnaire en Europe et présente par conséquent un danger, une entrave perpetuelle à l'avènement triomphal du prolétariat de l'Europe entière. La nouvelle Rus,ie europcenne et moJeroe qui surgira de la c1·ise .actuelle, non seulement ne présentera plus d'entrave à ce tl'iomphe, mai:; fournira au conti·aire de nombreux bataillons à la grande arméP, internationale du proléta1·iat démocratique-socialiste du monde entier. Vive la France ouvl'Îère et socialiste I Vive l'alliance et la solidarité des partis socialistes du monde entie1· 1 Signé : VERAZAssouLncn. COKGRÈS DE MARSEILLE Bruxelles, le 2ie septembre 1892. Compagnons, Le parti ouvrier belge qui salue vott-e Congrès et lui ~ouhaite bonne 1·é11ssite, vient renouveler J'afürmation de soi'idarité internationale que son <lélégué Anseele a formulée de vive voix. Depuis longtemps des liens étroits unissent nos deux partis, l'occasion qui s'est offerte au Congrès de Bruxelles de les resserrer par la collaboration à un eommun travail d'émancipation, se reproduit actuellement à votre Congrès de l\Iarseille et nous en proflto11s. l\Iarchant au même \Jut, avee dans l'àme la volonté identique de combattre le capitalisme soug toutes ses manifostations et dans le cœu1· la même ~spérance de renversei· toutes les réactions, nous avons besoin d'uni1· nos forces et de nous grouper sous la mème bannière. • Aux ennemis <lenotre classe, coalisés internationalement, il faut opposer la coalition internationale des travailleurs, pour la réalisation de cette devise que nous acclamons avec vous d'un seul élan: « Prolétaires de tous les pays, unissez vous » 1 Rivés partout à l'esclavage du salariat par de semblables liens, nous subissons toutes les humiliations, !tJs privations et les exactions, sans pouYoir proflte1· du fruit de nos labeurs. Dominés pat· les gouvernements réactionnaires, exploité:; pat· les compagnies capitalistes, nous sommes poussés à la rëvolte coriti·e la société si cruelle qui réserve la misère aux producteurs et l'opulence aux parasites. Fatigués rle souffrir, conscients de notre force et sùrs de !"avenir, nous entendons mener la lutte contre la caste des exploiteurs et des oppresseurs ~t comb<1.ttl'epour l'émancipation complète du prolétariat. On cherche, contrairement à nos intérêts et à nos obligations, à nous sépa1·er et on fomente contre nous, profitant de la faiblesse de quelques salariés, victimes de la tactique odieuse des sociétés capitalistes, des dissensions et des discordes. Des ouvl'Ïers, excités, sont irrités les uns contre les aut1·es, des actes de brutale protestation sont commis aux applaudissements <le nos pfres adversaires. Il faut que les partis ouvriers s'élèvent contre ces que1·elles, ces faiblesses et ces violences ; il faut, et nous vous invitons à le
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