La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

4.81 LA REYUE SOCIALISTE Que parmi les moyefls légaux, inconsciemment mis à la disposition des tl'availleul's, il en est un qui, habilement et pratiquement interprHé, doit. assure!' la transformation é.:onomique, en faisant triompher les légitimes. aspirations rlu prolétariat ; Que ce moyen C$t la suspensiou universelle simultanée de la force productive dans tons les métiel's, c'est-à-dire la grève universelle, laquelle au moins limitée à une période rest1·einte, conduira infailliblement Je parti ouvrier au üiomphe des revendications formulées dans son programme; T.e Congrès décide : ·l· Le p1·incipe de la grève universelle; 2· Les férlé1·\ltions des syndicats et corporations et les fédél'ations des Iloul'ses du Travail sont invitées à répandl'e et propage1· les p1·incipes dan:,; la masse des travaillcul's ; à étudier et prépa1·er une organisation spéciale de la classe ouvrière français;, dans le but de fourni1· au Congrès international de 1803 un projet complet <legl'éve universelle ; 3· Le Premier Mai doit ètre une date de consultation mondiale de tous les travailleurs, sans distinction de ceux qui sont syndiqués ou de ceux qui ne le sont pas sui· le pt'incipe de la grève univel'selle. Le Congrès de Marseille. - Pour tous ceux qui suivent deprès le développement de l'iùée socialiste, inco11testablemen t devenu l'un des éléments actifs de notre vie publique, ce congrès de Marseille présente une importance lrès réelle, tant par les questions qui y ont été agitées, que par le talent plein de promesses des orateurs et par le sonvenir historique qu'il évo:iue des premières luttes livrées sous la Troisième République par le prolétariat français en voie d'organisation. Encore et surtont il est intéressant par la 11ouvelle tactique et les nouveaux moyen d'action qui y ont été adoptés. Etaient représentées, par une centaine de délégués, environ cent villes et six cents Chambres Syndicales ou Sociétés d'études ~ociales. Ouvert sous Laprésidence du citoyen Garette, maire de Roubaix, le Congrès a d'abord procédé par acclamation à la réélection des membres du Conseil National du Parti Ouvrier: Lafargue, Guesde, Ferroul, Crépin, Dereure, Quesnel et Prévot. Une Longue salve d'applaudissements a salué L'entrée des délégués allemand, belge et hollandais, Liebknecht, Anseele et Yan Kol. ' Parmi Les adresses reçues par le Congrès nous relevons celles de Vera Sassoulitch au nom des socialistes russes et celle de Volders au nom du parti ouvrier socialiste belge; les voici : Les démo~:·ates des sociétés russes saluent les délégués français réunis au Congl'ès national. Qu'il .soit <lebonne augure au nom de cette Yille de i\larseille, où il y a douze ans les rept'èsentants du prolétai·iat fran~ais ont élabo1•éle programme du pal'ti ouvrier, basé sui· les p1·incipes du socialisme s::ientiflque moderne. La Ft'ance bourgeoise se jette dans les bras du csar juste au moment où

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