LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ~:LUS 471 LA QUESTIONSOCIALE DEVANT LES CORPS ELUS La Chambrê élue en_1889 en un jour de désarroi et qui encore n'a pu mener à bien aucune réforme sérieuse, va rentrer après trois mois de vacances. Trois ans d'inutiles bavardages nous ont édifié sur l'intelligence politique et la valeur réformatrice des élus de M. Constans, qui a su jouer habilement de la crise boulangiste pour éliminer autant que possible du parlement les républicains de principes et les hommes à convictions généreuses. Si nous n'avons point de débats à résumer, nous trouvons par contre dans le Jow·nal Officiel un très grand nombre de documents intéressants. Nous nous contenterons de mentionner brièvement quelques-uns d'entre eux. Et d'abord une citation extraite du rap,port fait au nom de la Commission du budget par M. Raymond Poincarré au sujet du projet de loi relatif à l'ouvertur.e et à l'anmüation de divers crédits sur l'exercice 1891. Ecoutons M. Poincarré, député opportuniste, et nous apprécierons plus sainement les magnifiques promesses d'économies qui sont inscrites dans tous les projets de budget présentés par le gouvernement, promesses illusoires, car les crédits supplémentaires demandés en cours d'excercice rétablissent toujours, au nez des badauds, le total primitif des dépenses. Les projets de budget manquent trop souvent d'exactitude et de sincé1 ité. Ils ne contiennent pas toutes les prévisions de dépenses qui y devraient ' rentrer. Sous prétexte de présenter aux Chambres des économies, les administrations s'ingénient, tantôt à offrir des réductions apparentes et provisoires, qu'elles cherchent ensuite à récupérer par voie de crédits supplémentaires, tantôt à dissimuler des nécessités de qépenses, qu'elles se réservent de faire connaitre plus tard, après le vote du budget, c'est-à-dire lorsqu'elles ne
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