La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

4î0 LA REVUE SOCIALISTE chée de pain, pour un abri au sixième étage ; car la mère est vieille, car les petits ont faim, car il faut vivre; et si l'hiver est trop rude, la femme rantra trop tard, et l'homme ne dit rien, les petits enfants eux-mêmes sont loués et figurent dans les pièces ; car !'Enfance panure sert aux plaisirs de l'e1~f'anceriche; les rires, les battements de mains des uns sont fait des pleurs, du manque du sommeil des autres. Et les pauvres mères verront s'étioler ces petites plantas encore frâles ; la toux dessèchera les petites poitrines découvertes trop tôt, les propos hasardaux saliront des oreilles encore tendres ; et s'il vit·! l'enfant pur et sain, deviendra le voyou pâle, ou la fillette blême et pourrie ; fleurs du mal, qui poussent à l'ombre des plaisirs bourgeois! Quant aux plaisirs populaires, l'avidité des directeurs de théâtre les tue quand ils existent. A l'Opéra ce n'était point assez de remplacer les fauteuils par des banquettes aux matinées du dimanche; on pense à supprimer les mctlinées elles-mêmes. Ces messieurs ne font pas leurs frais,paraît-il ! le peuple non }}lusne fait pas ses frais et c'est beaucoup plus graYe puisqu'il paye la subvention que les directeurs reçoivent. Rien de neuf à la Comédie Française; vieuxmélod'ErckmannChatrian : le Jwj Polonctis, vieux jeu, vieux acteurs très honorables ùu reste, retapés pour la circonstance ; poncif en diable. On baille à se démonter la machoire sur dé vieux airs alsaciens susurrés par Reichenberg déguisée en Gretchen pour la circonstance. Que Claretie se joue plutôt lui-même, que de nous donner de pareilles tartines de fromage blanc arrosé de sang qui n'est que du sirop de grosaille. GERVAISE.

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