La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LUNDIS SOCIALISTES 45 LUNDIS SOCIALISTES (Suite) (1) XIX.- LE COMMUNISME EN FRANCE DE 1820 A 1851. B:1011:zrotti et so11aclio11sur les cbefs des sociétés secrètes. - Le Communisme ma/Ùi.îlisle et liber/aire. - La do1111iede Dez.amy. - Cabet el le Comm1111is11ic1aerien. - Risumé de la doctri11e. - La fo11d.1/io1d1e /'Icarie et la fi11.du Com1111111is111e politique et militant e11France. Par le caractère terroriste de ses procédés et par le simplisme de ses buts, le babouvisme avait dépouillé le Communisme du manteau lumineux d'idéalisme humanitaire dont l'avaient revêtu Thomas More, Jean Meslier et les grands utopistes du XVlll0 siècle. li en résulta pour cette théorie une défaveur marquée, et malgré· tout son prestige et tous ses mérites ; malgré le succès de sa courageuse Histoire de la Conjuration des Egaux; malgré son habileté politique et sa merveilleuse activité, l'héroïque et infatigable Buonarotti ne passionna en somme que quelques ardents. S'il put avoir pour disciples des conspirateurs révolutionnaires. comme Barbès, Blanqui, Charles Teste, Voyer d'Argençon, Martin Bernard, Lagrange, Caussidière, Meilland, Nettré, etc., qui, d'ailleurs~ amendèrent la doctrine, il ne put jamais créer un courant d'opinion. Après lui la propagande communiste changea de caractère. Elle fut à la fois plus matérialiste et moins autoritaire; surtout elle quitta le terrain stérile des sociétés secrètes. C'est dans ce nouvel esprit, qu'en 1838, un an seulement après la mort de Buonarotti, parurent le Moniteur Répu.blicain et l'Homme Libre, où l'on préconisa un socialisme matérialiste, à la façon de d'Holbach ( 1) Publication commencée le 1 .5 février 1892.

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