La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LUNDIS SOCIALISTES 467 taire dédain des questions d'argent (la France est restée une marquise trouvant qt:e l'arg!!nt pue) laisse se constituer chez elle, plus puissamment que dans l'es monarchies voisines, le seul pouvoir redoutable pour les peuples d'aujourd'hui, dans les décadences des vieilles influences, le pouvoir des manieurs de millions, de manieurs des millions des autres ! » C'est bien notre avis et c'est pourquoi élargissant la question, nous disons: étant donné les conditions et l'orientation du développement économique moderne, il y a urgence de tranformer en service public toute organisation de production ou de transmission qui devierit monopole. Et, après les grands établissements de crédits, après les mines et carrières, après les chemins de fer et canaux, il conviendra de socialiser les sources d'eaux minérales qui sont encore laissées à des particuliers, les sources d'huile minérale (pétrole) et en général tous les richesses du sous-sol. Puis devront venir la nationalisation des transports maritimes, des assurances, des grandes entreprises régionales de défrichement, de drainage, d'irrigation, de déssèchement, de reboisement, d'endiguement de fleuves, de ca:1alisation des rivières. . 11ne serait pas moins nécessaire de mettre sous la direction de l'Etat les chantiers maritimes, les grands ateliers de constructions et en général les grands éta_blissements sidérurgiques dès que, par l'importance qu'ils auront prises, ils seront devenus des monopoles. Ce qui est vrai pour l'Etat l'est aussi pour la Commune, qui doit elle aussi transformer en services publics urbains tous les monopoles de sor. ressort. Et nous allons voir là encore que le champ d'action est vaste. Benoît MALON. (à suivre)

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