16G LA REVUE SOCIALISTE tats favorables sur le riseau qui a échappé à la rapacité des Compagnies, elle est au total réclamée par tous les progressistes; quoiqu'on fasse, son jour est proche dans notre patrie ; la France productrice ne se laissera pas rançonner jusqu'en 1954 par la simple raison que MM. Raynal, Rouvier, Ferry, Constans, et les ignorantes majorités qui les ont suivis l'ont ainsi voulu. Les fameuses Conventions seront revisées, les actionnaires respon_ sables auront à rendre compte de bien des abus d'exploitation. de bien des avances (intérêts et principal) de l'Etat que les complices de l'ordre administratif ont laissé escamoter. Ces justes restitutions favoriseront singulièrement le rachat des actions et du matériel roulant. Quant aux obligataires, ils recevront des titres amortissables et convertis, par exemple en valeurs à 2,50 ou 3 o/o comme il en est en Angleterre et même en Amérique. De la sorte, sans secousses, sans faire d'injustice l'Etat rentrerait dans ses droits, dans son avoir pour le bien de tous. li n'y aurait que l'embarras du choix pour le mode nouveau d'exploitation. L'administration directe a donné d'assez beaux résultats en Belgique, en Allemagne, en Autriche-Hongrie, en Suisse, pour qu'elle puisse être généralisée en France. D'autres systèmes ont cependant été proposés. analogues à celui dit des Comp.1g11ieosuvrières de Proudhon ; Auguste Chirac et Jules Pinaud peasent que l'on pourrait confier l'exploitation des réseaux aux employés actuels groupés en Syndicats et liés par un sérieux cahier des charges. Très suggestive notamment et pleinement probante est I' Et11dJ sur le racb.1tdés C!n111i11s di fer d'Or lé.ms, d~ l'Ouest, de l'Est et dit Midi que vient de publier, chez Chaix, M. Wick.erseimer, ancien député. De cette utile publication dont nous ne saurions trop recommander la le::ture, Clmille Pelletan a écrit la préface dont voici la conclusion: << Partout en comprend qu'une nation ne livre pas impunément ses grandes routes à des intérêts privés (et les anciennes routes nationales sont tombées dans le réseau vicinal qui se ramifie par les seules routes nationales des pays modernes : les voies ferrées). Partout on s'aperçoit que livrer, avec les artères principales d'un territoire, les prix des transports à des sociétés financières, c'est leur livrer l'une des conditions vitales de toutes les productions et de tous les commerces, c'est-à-dire de l'existence mêr11ede la nation. « Des associations de capitalistes qui possèdent, par un privilège d'Etat, les principales voies de communication, reçoivent, par cela mème, le droit de lever tribut sur le pays. Voilà, dites-vous, de 1' industrieprivée! Oui, comme les fermiers généraux de l'ancien régime, qui trouvaient des bénéfices scandaleux dans une industrie privée consistant à lever les imp6ts ! « li faudra bien que la France !>'en aperçoive à la fin. Pauvre France, qui se croit une démocratie, et qui, dans son noble et hérédi-
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