LUNDIS SOCIALISTES 465 puissantes compagnies patronales ou financières en foulant de plus en plus les travaill!!urs, en rançonnant de plus en plus les consommateurs et enfin en tendant à subordonner l'Etat à une ploutocratie sans entrailles et qui crève de richesses, toute cette aggravation de la situation économique a fait des conseils de De Paepe une prescription de salut public. Ainsi, pour les chemins de fer même, en faisant abstraction de la dure exploitation dont sont victimes dans la seule Europe plus de trois millions de travailleurs des voies ferrées, même en passant sur les défectuosités du service. si vexatoires pour les populations et quelque fois si meurtrières pour les voyageurs, il est bien certain que la nationalisation s'impose par simple nécessité budgétaire. Les bénéfices nets des compagnies s'élèvent pour l'Europe à 2 milliards 850 millions. pour l'Amérique à I milliard 600 millions, soit 1m total annuel de près de quatre milliards et demi. Où est pour les peuples la nécessité de payer ce lourd trib~t à une infime minorité d'accapareurs? Et plus sombre encore s'annoncent les lendemains, car tous les monopoleurs se coafü,ent contre la liberté des travailleurs et contre les intérêts de tous les citoyens. << De même nous dit Henry George, le célèbre auteur de ÇProgrès et Pauvreté, de même que les voleurs s'unissent pour piller de concert et partager le butin. de mème les ditfàentes lignes de chemins de fer s'unissent pour élever les tarifs et égaliser leur gain ; de même le Chemin de fer dn Pacifique, forme avec la Compagnie de Navigation de l'Océan p:icijiqu] une combinaison qui équivaut à l'établissement de barrières d'octroi sur terre et sur mer. Et de même que les créatures de Buckingham, sous prétexte de faire respecter la patente royale, opéraient des recherches dans les maisons privées et saisissaient les papiers et les personnes par convoitise pour extorquer de l'argent, de même une grande Compagnie télégraphique qui, grâce à la puissance du capital associé, prive le peuple des Etats-Unis des avantages complets d'une invention bienfaisante, accapare la, correspondance et ruine les journaux qui l'incommodent. » Tels sont le~ faits cités par Henry George. Sa conclusion n'est pas optimiste. << Il n'est pas nécessaire d'appuyer sur ces choses, il suffit d'y faire allusion. Chacun connaît la tyrannie et la rapacité qui font que les capitaux réunis corrompent, volent et détruisent. » Dans ces conditions- la socialisation s'impose. Elle est même déjà en voie d'etfectuation. Foncti0nnant en Belgique dès le principe, en Allemagne depuis quelques années, en cours d~ réalisation en Suisse et •en Autriche-Hongrie. commencée également en Russie, à l'ordre du jour en Angleterre et aux Etats-Unis, elle donne en France des résul30
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