DE LA JUSTICE DANS L'ORDRE BCONOl\UQUE 451 L'Etat industriel et commerçant sera toujours au-dessous de -ses affaires et il ne tardera pas à faire banqueroute. On peut <>bjecterque l'Etat entretient déjà un certain nombre de manufactures, que les travaux n'y reviennent pas beaucoup plus cher que dans l'industrie privée et que les ouvriers employés sont sensiblement plus heureux que ceux qui travaillent pour des patrons. Reste à voir ce que deviendrait ce système s'il se générali- .sait. Remarquons d'abord que dans bien des cas, l"Etat est obligé de recourir à des entrepreneurs, la régie étant reconnue trop -dispendieuse. De plus, actuellement, l'Etat dans ses manufactures, peut licencier les mauvais ouvriers et cette crainte maintient le bon -ordre parmi les autres. Il n'en serait plus de même, si toute la production était socialisée; l'Etat serait obligé d'employer tout le monde, puisqu'il n'y aurait plus de travail en dehors de lui. 11 serait donc très difficile de sévir contre la paresse et il en résulterait un relàchement général. Un autre inconvénient, c'est que tous les travaux, les ventes, les 8chats, les transactions seraient exécutés par ordre ministériel; de là, des lenteurs, des oublis, des malentendus très préjudiciables, si bien qu'en pratique, il faudrait laiisser aux .administrateurs locaux, une grande part d'initiative; mais alors il vaut mieux laisser cettP-initiative aux groupes eux-mêmes en les reconnaissant indépendants et responsables. Dans un groupe restreint il s'établira 'une généreuse émulation entre tous les membres, chacun aura intérêt à surveiller son voisin, puisqu'il sera co-partageant du produit groupai, proportionnellement à son travail; les transactions faites au 110mde la -communauté seront surveillés de pr·ès, par les intéressés euxmêmes, ce qui évitera les abus. De plus il ne faudra qu'une hiérarchie très simple, et cha- ' cun prendra part à l'admiuistration de la cité . . Quand au pouvoir central, il faudra lui laisser le moins d'attributions possible: seulement les objets qui sont essentiellement d'intérêt général. On peut objecter que l'association ouvrière, s'est peu developpée, ce qui ne prouverait pas en faveur de ce mode de production: il faut observer que l'industrie se prête parfois difficilement à la coopération, elle est dans bien des cas, sujette aux ttuctuations commnrdales,.aux variations de la mode, exposée à des crises prolongées, à des changements rapides dans le personnel employé.
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