La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

452 LA. REVUE SOCIALISTE L"association ouvrière se prête mal à toutes ces exigences. Il n'en serait pas de mème dans une entreprise agricole, qui offrira plus de stabilité, dont les produits conserveront toujours: leur valeur, qui au besoin pourra s'adjoindre quelque industrie secondaire, pour éviter autant que possible les chômages,qui en outre, présente une élasticité considérable relativement à la main d'œuvre employée. Ainsi un terrain de dix hectares. d"étendue peut, à la rigueur, être cultivé par un seul homme~ mais avec une culture int.ensive, on JJOUrrafaire travailler dix hommes d'un bout de l'année à l'autre Sùr un seul hectare et toujours on obtiendrait des produits rémunérateurs, gràce à cette merveilleuse élasticité, avec un peu de prévoyance et l'adjonction d'industrie plus ou moins importaute il sera facile d'éviter les ch6mages et cela vaudrait mieux que d'exécuter des travaux publics improvisés pour la circonstanëe, et qui pourraient ne pas être toujours d'une utilité incontestable. L'agriculture se prêterait donc à la coopération :nieux quelïndustrie. La coopération J1ous offrirait ainsi le seul moyen de remé..: <lieraux inconvénients de la propriété, sans détruire l'initiative privée et la liberté. Mais encore faudrait-il démontrer expérimentalement quel'exploitation du sol en commun est possible, que c'est un moyen d'obtenir plus de justice dans la. rfpartion des produits et en mème temps d'augmenter la richesse générale, enfin que ce· serait un progrès et non un retour à la barbarie, comme le prétendent bon nombre d'économistes et de politiques. C'est pourquoi, l'œuvre la plus urgente pour les socialistes. serait la création d'une Commune coopérative, comportant à la fois une exploitation agricole et une ou plusieurs entreprises industrielles. C'est une expérience nécessaire qui ouvrirait un champ nouveau au socialisme sans préjudice d'ailleurs des améli9rations de toutes natures qui pourraient être apportAes, d'autres. parts, à la situation des ouvriers des villes et des campagnes. FRABLA.N.

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