La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

436 LA REYUE SOCIALISTE sons ab.:;tractionde quelques expériences sur lesquelles nous aurons à reYenir, on peut affirmer qu'en Belgique, la limitation des heures de travail a été jusqu'à présent l'œune exclusive des ouYriers eux-mêmes : soit directement, par des grèves, soit indirectement, par la menace d'en organiser. Le mouvement le plus important qui s'est produit pour atteindre ce but, date d'enYiron vingt ans (1871-1872). Parti de Xewcastle, il ne tarda pas à s'irradier clans toute l'Europe industrielle. En Belgique, l'agitation commença parmi les ouYriers de Verviers, qui était à cette époque la citadelle de l'Internationale. Les mécaniciens, prenant l'initiatiYe, réclamèrent et obtinrent, s.ms cleYoirse mettre en gràve, la journée de 10 heures. Puis, vint le tour des mouleurs et des tailleurs <lelimes qui arrivèrent à leurs fins après une courte ré istance. A Bruxelles, l'opposition des patrons fut énergique et, pour la vaincre, il fallut mener à bien un certain nombre de grèves partielles (septembre-octobre 1871). Les métallurgistes Gantois firent une gr:rve générale qui se termina par transaction.A Couillet, Tubize, Maline· et dans le Centre, les choses s'arrangèrent à l'amiable. Le mouvement des dix heures, ne se localisa pas dans l'industrie métallurgique, mais, dans les autres métiers, on échoua fauto <l'organisation, Ce fut le cas notamment pour les gràves qui éclat}rent à Gand, dans l'industrie textile, en septembre 1871, et dans l'industrie charbonnière dans les bassins de Charleroi (janvier 1872), du Borinaga (juin-juillet) et du Centre (septembre). Dans ces dernières années, l'effort tenté en 1871 a été renouvelé et cette fois victorieusement, par les Chevaliers du travail de Charleroi. La grhe de décembre 1889 se termin1 pas un compromis en date du rn jan,ier 1890 : il fut décidé que dans ton::;les charbonnages de la région la journée de travail serait réduite d'une heure s1ns descendre au-dessous de dix heures. En fait, sauf de négligeables exceptions, la journée est actuellement <le<lixheures pour les ouvriers û veine. - Au mois de mai 1891, une convention analogue a été faite dans le bassin de Liège, à l'intervention du Conseil de l'industrie et du travail: La durée du travail pour les abattew·s fut fixée à 7 1 2 ou 8 heures (1). Est-il possible d'induire de ces résultats que l'action des syndicats professionnels, jointe à des concessions plus ou moins volontaires <les patrons, suffir, à la htche et n'a p1s besoin d'être appuyée, ou stimulée, par l'intervention du législateur ? Nous le (l) Sabatier. Rapport fait au nom de la Section Centrale, sur le projet <le loi <le i:\l. Janson, sur le travail dans les mines. pp. 44 et suivantes. Documents pai-lementaires, lSU0-1891, n· 23l'I.

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