La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LA LIMITATION DES HEURES DE TRAVAlL EN BELGIQUE 435 q_uela journée reste au-dessous de douze heures, nous constatons exactement le· contràire dans les industries suivantes : Salaires Fabrication de la chaux..................... 693 fr. Fabl"Ïcation céramique et briqueterie......... 576.36 Industrie Jiniè1·e............................ 617.40 Industrie chanvrière ........................ 654.24 Féculerie................................... 243.78 Fabrication du sucre. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2:n. 60 Vinaigrerie................................. 300.81 Blanchiment des fils et tissus............... 712.:32 Fabrication et épuri.tion d'huiles............ 709.32 Fabrication d'articles de bonneterie, etc...... 729.27 Maximum d'heures de trav. 14 16 14 15 12 12 14 15 16 13 Tels sont les chiffres officiels, d'après les déclarations des fabricants, sans contrôle de la part des véritables intéressés, sans que les recenseurs aient rien fait pour corriger les erreurs volontaires et découvrir les abus que l'on n'ose pas avouer. Et néanmoins, ces journées de 14, 15, 16 heures, impliquant 16, 17 et 18 heures de séjour dans l'usine, ne justifient que trop cette dure appréciation du Dr Braun : « La Belgique, qui égale presque l'Angleterre au point de vue industriel, retarde d'un demi-siècle au point de vue social >>. Ge n'est pas cependant que certains progrès n'aient été réalisas depuis cinquante ans, soit par l'initiative patronale, soit encore et .surtout par l'action collective des ouvriers. Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer aux données de 1880, les renseignements Tecueillis par la Commission d'enquête de 1846. . Le rapport de cette Commission (1) constate que cc la durée <c journalière de travail est, sauf de rares exceptions, la même pour -<c les enfants et les jeunes gens que pour les adultes; elle est géné- -<c rJ.lement de 12 he\lres, et varie entre huit et quinze heures. >> Il semble donc que, pris en mass~, les ouvriers aient conquis plus d'une heure de loisir depuis 1846. Seulement, si l'on recherche les causes de cette réduction, il apparaît comme probable, q_u'elle a principalement, sinon exclusivement, profité à certai.nes -catégories d'ouvriers, mieux traités et mieux organisés que les autres. Les réductions volontaires, de par la grâce des chefs d'industries, doivent être considérées comme exceptionnelles. Une heure de loisir, c'est un bienfait peu décoratif; cela ne se montre pas aux visiteurs comme une crèche, un économat, une cité ouvrière et autres institutions patronales, qui présentent en outre l'avantage de transformer. les travailleur~ en immeubles par destination. Si nous fai- (1) Etiquéte sur la conditi,m des classes ouvrières et sur le travail des -enfants, t. I, p. L - Bi·uxelles, Lesigne, 18,48..

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