La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

430 LA REVUE SOCIALISTE ne. Et dès maintenant la vision de Zola nous semble troublée, imprécis;:i ; il écourte à dessein, comme convaincu que la Commune n'est que le complément de la débacle.- Il le fera dire à !'Allemand Gunther, le protestant botté, heureux de la destruction de la Babylone moderne - très vivante encore malgré rfhiers et Bismark. Cette iélée du châtiment de Paris n'est pas éclose en des cerVèaux protestants seulement - j'étais enfant en 1871, mais je me souviens du sermon d'un curé qui prophétisait la destruction de la capitale cc Il n'en restera pas pierre sur pierre ! » Eh ! bien, non ! malgré toutes les haines provinciales,malgré toutes les colères rurales, il faut le crier bien haut, la Commùne n'est pas issue du découragement de Paris mais bien au contraire d'un sur;:;aut <l'héroïsme de la grande cité. Paris ne voulait pas se rendre d'abord, mais surtout Paris voulait restaurer sur les ruines d'un monde déchu, en dépit des bourgeoises obstructions, la République sociale et émancipatrice. Si Paris n'a pas triomphé, si gr.lce aux trahisons, aux défections, la Commune a été vaincue, nous le disions l'autre jour encore, c'est au grand détriment de l'hnmanité, mais au moins le retour de la monarchie a été pour jamais rendu impossible, la République a été fondée - le sacrifice n'a pas été inutile, et c'est pourqnoi nous saluons bien bas les héros martyrs de 1871. Non, vraiment, ce ne fût pas seulement pour les 30 so\l'S que les Parisiens se soulevèrent. Ils obéirent à de plus hautes préoccupations. Et que si dans la Commune il s'est introduit quelques peu Tecommanclables ratés de la bourgeoisie, la grande masse prolétarienne a prouvé, par elle, une fois de plus sa modération et S'.l. gf'nérosité. Que des Mendès ou des Maxime du Camp, que des publicistes d'une immorale bêtise, que des écrivassiers d'une ignoble stu1üdité aient tenté de déshonorer la Commune, cela ne nous surprend pas - mais que des hommes de la valeur de Zola accréditent les racontars des aigrefins et des ruffians, il y a là de quoi nous attrister, de quoi nous arracher une protestation. << - Pourquoi t'es-tu mis du côté des gredins ? pourquoi astu fait une saleté pareille - demande-le major Bourroche, au déserteur 1\Iaurice Levasseur blessé pour la Commune. - Parce qu'il y a trop de souffrance, trop d'iniquités et trop de honte )). Combien parmi les soldats de la Commune auraient répondu pareillement à semblable interrogation ? rrous, nous en sommes certains.

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