La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LA DÉBACLE 429 encore ajourner les élections. Le mécontentement est à son comble : Paris comprend que Trochu et consorts veulent, simplement, se maintenir au pouvoir. Le G octobre, le 74me bataillon (Ménilmontant-Charonne) par 1564 voix sur 1576 inscrits vote la nécessité et la légitimité des élections. Le 8 octobre manifestation communaliste. Le 10 octobre, 'frochu se prononce pour l'arrestation de Flourens, de Millière et de BJanqui. On arrive jusqu'au 30 octobre tant bien que mal. Paris gronde, mais on immobilise pour le contenir - c'est bien plus urgent que de combattre les Prussiens - les bataillons de la garde nationale, les mobiles bretons, l'armée régulière. A tout prix les quatre septembriseurs tiennent à garder le pouvoir. Le 31 octobre dans la nuit, Etienne Arago, maire de Paris, adrêsse une convocation solennelle aux électeurs. Cette convocation signée Etienne Arago, Ch. Floquet, Henri Brisson, Clamageran est déchirée par ordre du gouvernement. Pour Trochu et sès collègues, la journée du 4 septembre tient lieu avantageusement de manifestation électorale. Le soir, Trochu, mettait le comble à ses agissements dictatoriaux par une interdiction des élections. Etienne Arago, Floquet, Brisson protestèrent, adressèrent leur démission. be maire du xnm0 , Grivot et bien d'autres protestèrent à leur tour. Ca mouvement du 31 octobre, a-t-il été, comme le croit Zola, une simple émeute, une échauffourée. Il nous parait avoir une autre signification. Tout ce que nous venons de résumer ne prouvet-il pas, qu'il y eut là la protestation légitime d'une population indignée. La date est intéressante, elle a plus d'importance que ne semble lui accorder l'auteur de la Débâcle. C'est le début du mouvement communaliste. Pendant ce temps, Jean demeuré à Remilly, chez l'oncle Fouchard, assiste à toutes les réquisitions, à toutes les exactions du vainqueur. L'oncle rançonne d'ailleurs l'ennemi à sa façon, s'enrichit aux dépens du conquérant par des fournitures de viande avariée~ Les francs-tireurs escarmouchent de leur côté avec les Prussiens. A ce propos, on me permettra de trouver injustes certaines appréciations de Zola concernant les compagnies franches. Si quelques-unes ont été des bandes pillardes qu'on ne saurait trop flétrir - comme les Nicolaï que les paysans bourguignons gardent en exécration - d'autres, bien d'autres se sont conduites bravement, loyalement. Le 18 mars arrive ; Maurice est dans les rangs de la Commu-

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