La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

428 LA REVUE SOCIALISTlii devant cc colossal meurtre, parmi tout ce sang, est superbement philosophique et je l'admire. Sans doute il eut été facile à Zola de développer ce thème, mais il s'est contenté de noter l'impression et en sa sobriété cette observation est hautement éloquente. Zola est un fervent de la Nature, il croit à la Nature souverainement réparatrice, suprêmement consolante et c'est assez à nos yeux pour nous prouver que Zola n'est pas si pessimiste qu'on le prétend. La fin de la Débâcle, comme la conclusion de Germinal, exprime de larges espoirs. Sedan a capitulé d'ailleurs. L'armée est prisonnière dans la presqu'île d'Iges, l'atroce camp de la misère. Les régiments partent pour l'Allemagne. Dans la confusion, Maurice et Jean comme quelques autres parviennent à s'évader, à se réfugier chez un parent l'oncle Fouchard. Le caporal a été blessé dans la fuite, il restera là, sera soigné par la sœur de Maurice, Henriette veuve de Weiss, une des victimes de Bazeilles, tandis que Maurice regagne Paris. l\faul'ice est de ceux qui se battent à Montretout,it Champigny - de ceux qui ont repris espoir à l'avènement de la République - mais dont on use encore une fois l'enthousiasme et la foi par de nouvelles hésitations. Il est de ceux qui réclament la sortie en masse. Il est de ceux qui protestent au 31 octobre contre la duplicité <lugouverneur Trochu et de ses accolytes. Et ici il est nécessaire d'indiquer les vraies causes de ce mouvement du 31 octobre que Zola semble ignorer. Le8septembre,ditGromier,dansce mémeJournal d'un vaincn que nous analysions dans un précédent numéro - Trochu se prononça pour la convocation d'une Ass3mblée afin de donner au gouvernement<< une attitud~ sincère et digne » selon ses propres expressions » Puis pour éviter des élections républicaines on fixe le vote au 16 octobl'e. Le 18 septembre Trochu appuie Gambetta demandant les élections municipales le plus tôt possible. Mais on ajourne encore. Le 22 septembre, Trochu reçoit, un peu forcément la visite des gardes nationaux indignés de ne point pouvoir effectuer les élections déclarées si justes par le général lui-même. Trochu réédite son mot du 18 et les gardes nationaux se retirant confiants. Le 28 septembre arrive sans la moinJre élection municipale. Le lendemain 29, Flourens et ses cinq bataillons font une démonstration anti-gouvernementale sur la place de la Grève. On admet Floui·ens, Razoua, Millière, auprès du général Trochu qui promet de réfléchir, puis fait proclamer Flourens, major de rempart. Voici octobre. Le 5, après une nouvelle manifestation et une nouvelle réponse dilatoire de Trochu, Gambetta intervient, et fait

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