LA DfBACLE Tout cela est vraisemblable. 427 Je ne veux pas ici tenter une apologie quelconque de Napoléon III,mais je pense qu'il faut se dégager de toute haine systématique et envisager les choses de plus haut qu'on ne le fait ordinairement. Nous ne sommes pas de ceux qui comme Delaherche, n'attaquent un régime que parce qu'il est vaincu, font de l'histoire iL la façon de Thiers, toujours tendre aux triomphateurs et à notre avis Zola a eu raison d'expliquer Sedan, la reddition des 80.QOO hommes, comme le résultat d'un remords tardif. Il est inutile d'accuser Napoléon III de lâcheté et de trahison à propos de ce désastre. Il est historiquement prouvé que pendant plusieurs heures, Napoléon s'est exposé au feu de l'ennemi, paraissant chercher la mort et quant à la trahison, on en cherchera en vain le mobile. Louis Bonaparte peut malheureusen;ient être exécré pour bien d'autres crimes qui ont été mortels à la patrie française et au progr~s humain. La deuxième partie de la Débâcle. s'ouvre sur l'attaque de Bazeilles, la défense du village par l'infanterie de marine et les habitants. Et c'est ensuite le commencement de la catastrophe, Mac-Mahon blessé, le commandement remis à Ducrot, qui le cède à Wimpfen, et les ordres qui changent, les positions abandonnées puis reprises; Bazeilles en feu, l'assaut du plateau d'Illy,la charge épique des chasseurs de Margueritte. Quelles pages vivantes, héroïques, et cruellement évocatrices que celles-là. Combien aussi elles ont soulevé de colère et d'indignation en ma pensée ! Tant de bonnes volontés, tant d'énergies, tant de bravoure si stupidement dépensées, si cruellement dépensées. Oh ! l'épouvantable chose que la guerre, l'insigne folie ! Quand donc les hommes comprendront-ils qu'il n'y a pas de plus inqualifiable lâcheté que celle d'obéir aux ordres· des· meurtriers et de s'entretuer au seul profit des puissants. Quand donc les hommes déserteront-ils tous les casernes - abandonneront-ils leurs canons et leurs fusils - proclameront-ils.que le vrai patriotisme c'est l'amour de l'humanité. Crieront-ils guerre à la guerre l Zola termine un des chapitres que nous venons de résumer par une évocation grandiose. La bataille s'achève, Maurice vient de sauver son ami Jean Macquart et comme il court à un ruisseau voisin, pour y puiser de l'eau il aperçoit un paysan « poussant sa charrue attelée d'un grand cheval blanc. Pourquoi perdre un jour? Ce n'était pas parce qu'on se battait que le blé cesserait de croître et le monde de vivre ». Le fait est-il authentique ? N'est-ce là qu'une antithèse romantique ? Peu m'importe. Cette soudaine apparition du travailleur>
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