DIVERSITÉ DES TEXDANCES DANS LE MOUVEMENT SOCIALISTE 41 1es conditions économiques de la produdion et de la richesse actuelles, !'écrivain réformiste en déduit les moyens pratiques -de les transfotmer pour l'amélioration du sort des prolétaires. L'Etat et la Commune, suivant qu'il y a intérêt général ou local, se partagent les attributions productives et distributives; le Ministère du travail a la charge de répartir l'offre et la ,demande, l'assurance est obligatoire, etc. (1). En deux mots, l'ensemble des réformes a pour but: « organiser la production et la réparÙtion des richesses de façon que le -droit à une suffisante vie soit assuré à tous les êtres humains, aux valides par le travail, aux invalides, par la solidarité sociale. >>. Ce qui fait la valeur réelle d'une semblable profession de foi, c'est que sans viser à retourner d'un coup'la société, chose qui malgré la violence des révvlu tious reste toujours lente à atteindre, cette profession de foi étant réformiste s'attaque -directement à la misère et présente, à ceux dont les souffrances sont accablantes, une planûhe de salut tendue vers un abri pro- -<:.hain.La perspective au contraire de la fin cornplète du régime -0apitaliste ne soulage que l'avenir: « Ce serait un peu long, dit encore B. Malon, et les victimes des iniquités·sociales ont peut- :être le droit de se retourner sur le gril de leurs tourments et de se demander si l'intervention sociale, sans préjudices des inté- _grales transformations fntures, ne pourrait pas hâter quelque peu la marche trop lente des maturations historiques et des fatalités économiques ». (2). Les réformes proposées par l'auteur du Socialisme integral ont d'autres avantages: elles ménagent une transition au passage d'une société à une autre, ce qui rend la réaction de moins en moins possible, elles font peu à peu l'éducation politique et €conomique de la classe ouvrière, et, habituant celle-ci à jouir d'avantages commuHs, elles scellent de plus en plus la communauté ouvrière. Quant à leur exécution, peut-être objectera-t-on que de semblables réformes, sont ou trop radicales pour la société capitaliste, ou trop peu pour les combattants socialistes. Je crois que l'objection ne repose pas sur la réalité, car indépendamment de toute préférence théorique, il y a dans le mouvement ouvrier, un fait absolument réel. C'est que les forces ouvrières sont poussées par leur développement, soit intime, soit industriel et social, à pénétrer dans le bien-être général de la société ; et ce développement étant devenu pour ainsi dire une loi naturelle, ou tout au moins une loi sociale, aucun effort humain ne réussira (1). Secialisme Intégral, t, II, p. 117. (2). Socirclisme Intégral, t, Il, p. !9.
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