La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LA DBBACLE 425 dans l'Evènement une assez longue étude critique de la Débâcle a constaté avec raison, que Zola s'était montré particulièrement injuste à l'égard des.Parisiens. Interprétant les origines du mouvement insurrectionnel, M. Zola met au premier rang << les trente sous pour lesquels beaucoup se battaient))' et en fait« une des causes au fond et la raison d'être de l'émeute )). Il n'est pas tendre, d'ailleurs, pour la population parisienne, qu'il accuse d'une « soulerie chronique )).- Page 593. Il n'est pas juste non plus envers elle, car, oubliaut les victimes faites par le bombardement, il dit - page 605 - que les obus ennemis n'ont fait qu'«écorner les gouttières des maisons>>. Il pousse même son hostilité jusqu'à représenter tous les soldats parisiens par deux monstres, menteurs, paresseux, làches,voleurs et assassins. Il n'est pas un officier dans l'armée qui ne dise que, si les Parisiens sont indisciplinés, ils sont d'une rare braYoure ; il n'est aucun Parisien qui ne se rappelle les victimes faites par les projectiles allemands, dont les ravages ont amené la protestation de tous les représentants des puissances étrangères. S'il est incontestable que la population de Paris était en proie à une sorte de folie obsidionale qui survécut au siège, il est non moins certain, même pour tous ceux qui déploraient la lutte fratricide engagée sous les yeux des vainqueurs, que nous devons à la Commune, à elle seule, de posséder encore aujourd'hui cette Ré-. publique qui, malgré les plus terribles embarras, nous a relevés aux yeux du monde entier. Et ce sont là des réflexions très judicieuses, sur lesquelles on nous permet~ra d'insister tout à l'heure. L'histoire de la Commune étant encore fort mal connue, il y a intérèt, à discuter beaucoup les hommes et les évènements de cette époque pour tenter d'en dégager l'enseignement véritable. D'une manière plus exacte, plus, nette, Zola a d'abord déterminé les causes et les responsabilités de nos désastres de 1870. Il y a bien de ci de là quelques erreurs de détail, excusables d'ailleurs dans une œuvre aussi copieuse, aussi touffue, qui a nécessité tant de documents - elles ont été relevées avec conscience par M. H. Barthélemy. Je ne reviendrais pas sur ces fautes, et je ferai grâce à l'auteur de la Débâcle d'avoir laissé agir si librement ses troupiers, d'ignorer qu'il y a d'autres officiers que le capitaine et le lieutenant, d'autres sous officiers que le sergent et le caporal dans une compagnie d'autant mieux qu'il a décrit d'une façon admirable un combat d'artillerie (pages 310 à 314). Ce ne sont pas tant les détails qu'il faut considérer ici que la

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