LA REVOLUTION DE DE)lAIN 421 ]>line minutieuse et abêtissante, parce qu'elle n'a pas de motifs directs et immédiats; asservi aux tracasseries et quelquefois aux férocités de ses chefs, traînant en somme dans la monotonie des _garnisons une existence d'esclave, inutile à soi et aux autres: - Sans doute, on a raison de répudier toute assimilation entre le civil et le militaire ; on a raison de ne pas vouloir que la société soit une caserne, ni que l'armée des travailleurs ait rien de commun avec l'armée des Dumanet commandés par les Ramollot. Mais est-ce là véritablement l'armée ? Est-ce là véritablement le soldat? L'organisme militaire est fait pour l'action. En juger alors -qu'il ne fonctionne pas, c'est juger des qualités de rapidité, de précision, de force d'une machine en la contemplant au repos. C'est, en effet, justement quand l'armée est dans sa fonction réelle, soit la défense nationale, soit la conquête ; c'est alors "(lU'éclatentses beautés et ses vertus; c'est alors que le lien d'honneur et de solidarité qui unit chefs et soldats par tous est senti ; c'est alors que s'éveille le véritable esprit militaire, qui est tout d'élan, d'émulation, de désintéressement et d'héroïsme. Jamais l'homme, ne conçoit mieux à la fois qu'il est quelqu'un, et aussi -qu'il appartient à un ensemble dont il ne peut se détacher. L'intérêt individuel est en même temps excité au plus haut degré par l'instinct de la conservation, par les sentiments d'orgueil et d'ambition, et fortement contenu par la nécessité de se subordonner à l'intérêt collectif, dans laquelle réside la sauvegarde supérieure. Ainsi se trouvent ensemble sollicités et réglés les instincts et les passions les plus égoïstes, les plus puissants, et les sentiments les plus élevés, les plus altruistes. C'est bien parce qu'ils ont le sens confus de cette vérité, que les travailleurs aiment à affirmer leur esprit d'union et de solidarité, en qualifiant d'armée l'ensemble de leurs groupes professionnels. Ah ! que les prolétaires, soldats du travail, comme leurs pires soldats de la défense nationale, sachent enfin plier leur esprit et leur cœur aux lois de cette discipline morale et pratique, sans laquelle il n'est pas d'association, pas d'action en commun possibles; et ils pourront marcher gaîement et résolument aux conquêtes économiques, car ils seront invincibles! En résumé, j'estime que le problème de l'attribution, à chaque travailleur, du produit intégral de son travail, n'est pas encore prêt de sortir du domaine des théories et des systèmes, et gue les solutions que l'on peut dès à présent envisager, ne sont pas d'application immédiate. En admettant 1 en effet, que ces sol~tions fussent trouvées, il
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