422 LA REVUE SOCIALISTE faut bien raconnaître qu'elles ne pourraient être partiellement. réalisées, dans un état socialiste, alors que les états environnants seraient encora insuffisamment dégagés du régime de l'appropriation individualiste. L'abolition de la monnaie, qui est une conséquence normale de la mise en commun des capitaux, ne se peut concevoir que comme une mesure générale, internationale. Car pour commencer, pour échanger avec les peuples voisins force serait bien au peuple collectiviste de se conformer aux habitudes, aux usages, aux procédés en cours dans le monde. Il en est de même pour la fixation de la valeur moyenne de l'heure de tr:wail, dans chaque catégorie professionnelle. Cette valeur moyenne ne peut évidemment être déterminée que si, partout, les matières premières, le capital de· production, terres, machines, outils, est mis gratuitement à la disposition des travailleurs associés. S'il en était autrement, comment établir cette détermination, alors que le p1·ix des objets produits ou fabriqués ne sera plus uniformément basé sur la quantité de travail qu'ils auront coûtée, mais résultera d'une infinité de circonstances de temps, de lieux, de mode, de nécessité ou de non nécessité, de déficit ou de surproduction ? Ce sont là les problèmes de l'avenir. La révolution de demain, sans aucun doute, se bornera à proclamer : 1° Le droit au travail et l'obligation du travail pour tous les. citoyens; 2° Un minimum de salaire garanti à chaque travailleur ; 3° La répartition des bénéfices, déduction faite des frais sociaux, entre tous les producteurs organisés en syndicats; Elle décrètera en même temps: l° La main-mise de l'Etat et des Communes, chacun selon sa sphère d'action, sur tous les services et commerces de transports, <l'approvisionnement et d'alimentation; 2° La conversion de la Dette publique perpétuelle en annuités viagères au profit des rentiers actuels ; 3° La conversion graduelle des propriétés foncières privées en propriétés nationales ou communales. Le programme est assez vaste pour remplir un cycle révolutionnaire. Une fois ces mesures en voie de réalisation, le reste se développera tout naturellement par la force des choses, au fur et à mesure que s'éteindront, en Europe et en Amérique, les sociétég individualistes. Et cette extinction sera plus rapide qu'on ne peut. le concevoir, car toutes les nations, même les plus monarchiques, sont arrivées à peu près au même degré de maturité sociologique,_ et l'impulsion donnée par l'une d'elles entraînera l'ébranlement.
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