LA RfVOLUTION DE DEMAIN 405 L'autre part serait distribuée aux travailleurs associés, - et :sous ce titre nous comprenons tous ceux qui collaborent effectivement à, l'œuvre_commune, depuis les directeurs, ingénieurs, administrateurs, gérants, jusqu'aux simples manœuvres. Mais d'après quelles ràgles, sur quelles bases se ferait cette distribution ? Nous touchons ici au nœud vital du problème socialiste. Comment déterminEr la norme d'après laquelle, dans toutes ses catégories si variées et si compliquées, l'heure de travail pour tous les coopérateurs sera évaluée ? Je ne puis exposer plus clairement cette difficile théorie qu'en recourant à la lumineuse étude de Georges Renard: Le Social1·sme actuel en France, parue ici même: (1) « Chaque année l'Etat socialiste dresse ce qu'on peut appeler son budget ; il met en regard la consonimation prévue et la production •nécessaire. Les commissions de statistique calculent pour un an la somme ùes besoins de la nation entière : elles les calculent même largement, de facon à n'être pas prises au ùépourvu, si la récolte est mauvaise, de façon à préparer un fond de réserve pour les années stériles, s'il y a surcroît. Elles savent le nombre d'heures de travail qu'exige la création de toute cette richesse ; elles savent aussi le nombre des travailleurs. Elles peuvent en· conséquence déterminer la journée maxilna que chacun doit à la société et, en même temps, Ja part qui revient à chacun dans la somme des produits et qui est égale à la somme de ses heures de travail. Nous pouYons appeler sa part normale. Elle sera toujours supérieure à ce qui est nécessaire pour vivre, et, comme quantité de choses seront gratuitement assurées, il n'y a pas à craindre le retour de la misère. « Prenons des chiffres pour éclaircir ces calculs. Supposons que trente millions d'heures de travail soient reconnues indis- _pensables pour suffire à tous les besoins du pays, supposons que les travailleui·s se montent à vingt millions. Chacun d'eux devra 1.500 heures de travail par an, c'est-à-dire, si l'on compte 300 jours de travail à l'année, 5 heures de travail par jour. Il aura par suite ·droit à prendre dans les entrepôts publics l'équivalent de 1.500 heures de travail. « Une fois que les commissions de statistique ont fixé la beso- _gne et la rétribution qui reviennent à chacun, elles répartissent l'ouvrage entre les différents corps de métiers et c'est sur eux que l'on compte pour fonctionner comme régulateur du prix de l'heure <le travail. Les corporations rt3partissent à leur tour l'ouvrage entre (1) Revue Socialiste; Nov., Dcc. 1887, Janv. 1888.
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