392 LA REVUE SOCIALISTE taines réticences individuelles? Qu'importe que quelques ouvriers vieux ou ayant soutenu beaucoup de combats dans les rangs T1YtdPs Unionistr•s, viennent prétendre que leurs Trades Unions leur ont rapporté des avantages suffisants, et que le rôle de ces sociétés doit se borner maintenant à conserver le bien acquis? Les ouvrieri:; qui parlent ainsi ne le font qu'en leur propre nom, et non pas au nom des ouvriers en général. Car dans ces mêmes Trades Unions qu'ils voudraient retenir dans un rôle conservateur, arrivent d'autres ouvriers ou une autre génération d'ouvriers, et ceux-ci ne sont pas encore fatigués par la lutte Tracle Unioniste et ils trouvent que les Trades Unions doiYent encore leur conquérir des avantages: c'est à ce prix seulement qu'ils entrent dans une Trade Union, c'est à ce prix . eulement qu'ils lui versent leurs cotisations. Et la. lutte vert:! la victoire reprend alors de plus belle, et les Trade&i Unions doivent de plus en plus s'unir contre les capitalistes. Et ainsi les '!'rades Unions tendent à faire disparaître les causes qui les divisent et it rassembler leurs r..iembres clans une classe ouvrière commune, connue celle qu'invoque le socialisme. Dans la première moitié de ce siècle, quand les Trades Unions 1-1esont constituées, il était impossible cle réaliser entre elles une Vl~ritable communauté. Nulle part, pas plus en Angleterre que dans les autres pays, on ne se trouvait prêt alors à organiser un mouvement ouvrier général. Cependant nous verrons qu'un projet de féclé1·er les Trades Unions apparut peu cle temps après leur naissance, tant on pouvait sentir déjà le lien qui les unissait ! Depuis lors, les Trades Unions se dirigent d'une façon accentuée vers une association ou une fédération commune. Elles le font librement, à la manière anglaise, c'est-à-dire en sociétés indépendantes qui se réunissent les unes aux autres, quand cela leur plaît. Mais l'important est qu'elles le fassent et nous avons vu qu'elles le font, en deve11ant des sociétc',s de moins Pn moins cantonnées dans leur seul!' existence. Certes cela ne les empêchera pas de rester libres et indépendantes clans l'administration de leurs affaires particulières et locales. Elles conserveront leur organisation spéciale dans une 01·ganisation plus générale. De cette façon les désirs <l'individualité et d'indépendance, si enracinés chez les Anglais, recevront une satisfaction.On ne peut vouloir, en effet, que le mouvement ouvrier aYance en Angleterre d'une façon contraire aux besoins des hommes de ce pays. Et puisqu'on ressent en Angleterre des besoins d'indépendance, qui, it côté ùe beaucoup d'airs de mode, sont fortement implantés clans la nature ùu peuple, il faut tenir compte -de ces besoini:; dans la manière d'organiser les ouvriers. C'est justement ce à quoi réussissent tout à fait bien les Trades Unions, avec leurs organisations particulières.
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