La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

390 LA REVUE SOCIALISTE particulières ou fortuites. Et même chez les Traùes Unions rivales,. les instincts communs de lutte contre les capitalistes demeurent absolument intacts. Ceci nous amène, ~t vrai dire, à relever autre chose que des divisions parmi les Trades Unions: nous avons à relever parmi elles un principe commun d'action autrement important que les divisions, un principe commun d'action qui donne toute leur force aux Trades Unions : la défense des intérêt.s ouvriers contre les intérêts capitalistes. Voilà bien un principe commun d'action, car les ouvriers ne peuvent véritablement défendre leur intérêts qu'en se réunissant. les uns aux autres clans la communauté. Les Trades Unions ne peuvent clone véritablement défendre les intérêts des ouvriers qu'en s'alliant de plus en plus les unes aux antres clans une communauté aussi étroite que possible. Et c'est bien pour défendre les intérêts des ouvriers qu'ont été instituées les Trades Unions : elles sont nées à cet effet. On peut clone apercevoir le principe commun d'action qui est en elles, au berceau même du Trade unionismf. Qu'on l'ait ou qu'on ne l'ait pas remarqué, clans les temps de luttes primitives, il ne s'en est pas moins développé d'une façon continue : il a uni de plus en plus les Trades Unions, et en pratique il a produit des résultats absolument manifestes. Certes, on pourrait s'en convaincre si l'on jetait les yeux sur les magnifiques, exemples de solidarité ouvrière qu'ont donnés les Trades Unions, en accomplissant de grands sacrifices les unes pour les autres clans les grèves et dans d'autres circonstances critiques. Mais si nous nous basions sur ces circonstances critiques pour montrer que les Trades Unions sont ùe plus en plus solidaires les unes des autres, on nous accuserait de choisir nos exemples parmi des faits qui ne sont pas journaliers. Nous allons donc examiner certaines institutions des Trades· Unions qui, elles, ne peuvent rien signifier de violent ni d'exceptionnel et nous verrons que ces sociétés "tendent de plus en plus à une action commune. Depuis 1868, les Trades Unions se réunissent chaque année dans un congrès, en assemblée générale; c'est le Trade Union Cong1·ess. Elles y envoient chacune leurs délégués. Ce congrès s'occupe de questions communes aux diverses rrrades Unions, il nomme ensuite un Comité, leparlementetry committee, qui siège toute l'année en permanence avec des attributions fixes. Une foule d'affaires importantes pour les Trades Unions défilent devant le congrès. La tactique, la propagande, les avantages à conquérir, l'action auprès des pouvoirs publics, tout cela est discuté par les délégués des Trades Unions et passé au vote. Les Trades Unions

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