La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LA REVUE SOCIALISTE pêcher la dispersion ot: le gas,)illage des forces, l'o:)position des intérêts et aussi d'obtenir une conYergence plus grande des idées, des désirs et des efforts. Elle tâche d'être en un mot une réalisation plus complète de cette grande loi universelle de l'association systématique. Il est érident 'lu'en formant de nouveaux groupes, elle risque de désorganiser les anciens. « Il ne faut pas s'en effrayer si la solidarité devient plus forte et plus précise. La coopération, comme l'entend l'école nouvelle, a pour but de produire dans la société ce qui se produit continuellement dans notre esprit et ce qui constitue le progrès: la dissolution des associations factices produites par le hasard, afin de permettre aux éléments qui les composent d'entrer clans des combinaisons plus solides et mieux coordonnées, et l'économie des forces par la suppression <les intermédiaires et le rapprochement des éléments dont les intérêts peuvent converger. (< Dans la société nous avons aussi des associations imposées par les circonstances et qui doivent se dissoudre. Il faut, par ell.emple. que les enfants qui se trouvent ensemble sur les bancs d'une même classe et qui prennent l'habitude de se voir en dehors des classes, qui contractent des liens d'amitié assez faciles à rompre en général, se séparent un jour pou1• entrer dans d'antres combinaisons sociales, une administration, un commerce, etc. Des liens trop forts établis entre eux produiraient forcément, à moins d'une rencontre heureuse qui leur permette d'entre1· ensemble dans la même canière, soit la douleur de la séparation. soit l'impossibilité de tenir, dans la vie sociale, la placP. qui est imposéa à chacun de nous. La famille n'est pas évidemment une simple association de co .tiguïté comme l'ensemble des élèl'es d'une classe, cependant elle prête aussi. bien qu'à un degré moindre, aux mêmes objection~. Des causes nombreuses peul'ent exiger son relâchement. C'est l'obligation de trarniller qui sépare les enfants des parents au point de les faire parfois, pour gagner leur ,·ie, changer de ville et même de pays, c'est la divergence possible des intérèts, di,·erg<"nce rendue très sensible parfois par les différences de caractère, de goûts, d'humeu'r qui ne sont sont pas chose rare et qui suffisent à constituer cette opposition, c'est la ùiflërence des croyances assez fréquentes encore d'une génération à l'autre et qui rend les indil'idus peu propres à collaborer à une œul're commune, c'est enfin la grande économie de forces sociales qui résulterait <le l'association rempla~ant en l,eauconp de cas l'action individuelle, de la formation de cadres généraux qui permettent d'utiliser à un degré inconnu dans l'activité isolée les forces de l'individu. « Ces cadres généraux sont dans la société ce que les idées générales sont dans l'indil'idu ... Il est bien sûr que la famille et aussi la patrie constituent à certain!-- égards une mauvaise application de ces principes. Il est possible qu.e pour bien des ménages une organisation qui permettrait aux parents <le confier en partie le soin de leurs enfants à des personnes spécialement chargées de ses fonctions pourrait arnir <l'heureux effets en laissant à ces parents plus de temps et de liberté pour leur trarnil personnel, en assurant aux enfants des soins plus éclairés et plus assidus. De même la patrie, en retenant agglomérés ou du moins unis <l'unemanière relativement étroite des individus qui quelquefois pourraient s'employer utilement ailleurs, par l'opposition à la division du tral'ail qui

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