La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

REVUE DES LIVRES 371 t·apports et les analogies des Choses et des Phénonènes dans leur déterminisme naturel, au. -lieu de leur prêter une causalité aussi arbitl'aire que fantaisiste. Aussi craignons-nous peu, pour notre part, cette restauration du mysticisme, car l'esprit scientifique nous envahit de toutes parts. Sans doute, il y a souvent plutôt l'illusion de la Science que la Science réelle, mais partout il est facile de retrouver la même aspira~ion, la même prétention, le même besoin ,, de savoir, de sa,·oir avec précision, de savoir beaucoup; plus que jamais, aussi, on \'eut analyser ce qu'on sait, et aussi ne prendre les analyses que pour arriver à la synthèse, (p. 166). >) .Or, tous les jours nous augmentons nos moyens de savoir. Dès lors, à quoi bon nous tourmenter de quelques défections dues au découragement ou à une impatience trop grande de tout rnvoir? Nous avons déjà rn les Scienees physiques arril'er à !eU1·unification synthétique par la belle conception de !'Unité et de la Corrélation des forces physiques ; le Transformisme, le Darwinisme, !'Evolutionnisme, ont commencé à nous faire entrevoir l'invite des Sciences naturelles: tôt ou tard nous aurons la synthèse de toutes nos connaissances, c'est-à-dire la uaie Philosophie. Alors, les esprits sr,ront orientés, la raison satisfaite: il n'y aura plus place pou!' le mysticisme; le \'ague, l'inconnu, les ténèbres n'auront plus ni mirage, ni .attirance morbide pour les esprits avides de connaitre la raison des ehoses. D'ailleurs, ne voyons-nous pas la nouvelle orientation des esprits \'ers l'humanisme, Yers le socialisme, nous offrir un arant-goût de ce que pourra deYenir ce besoin d'idéal, d'harmonie dont on parle comme d'une partie intégrante de notre mentalité humaine? Pour nous, le sens social est appelé à remplacer le sens religieux, le sens du divin. A mesure que la Science détrône les Dieux, nous voyons surgir chez les hommes le sentiment qu'ils sont et cloil'ent être leur propre providence. Cet éveil de la conscience sociale en face et en corrélation des progrès scientifiques, est précisP.ment, à notre a,·is, la caractéristique par excellence de notre époque, en même temps que nous y royons la pr·tu\'e et la source de la force inésistible du courant socialiste contemporain. Aussi sommes-nous très heure:.ix de trouYer cette tendance si bien indiquée dans l'intéressant ouvrage de l\I. Paulhan. « 11est permis de se demander, dit-il, (page 173) si toutes les formes nou,·elles et les besoins d'association, de plus en plus compréhensifs et de mieux en mieux coordonnés, ne doivent pas, an bout d'un certain temps, remplacer tous les autres et ne sont pas destinés à résoudre certains problèmes qui nous paraissent encore insolubles, ou du moins à les remplacer })ar cl 'aut:-es dont la solution sera possible. Il semhie que l'idée coopérative, si terre à terre, si modeste dans quelques-unes de ses applications, large en même temps et si profonde que nous ne pouvons en voir clairement les limites dans la pratique, peut nous permettre de comprendre, non pas comm,rnt les choses se passeront mais comment elles devraient, et peut-être comment elles peuvent se passer. « Le but du socialisme c'est un meilleur groupement des forces sociales, une meilleure répartition de:1 prod_uits sociaux. La coopération appliquée soit à la consommation, soit à la pro~ucti~n est un moyen d'em-

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