352 LA REVUE SOCIALISTE se marient qu'après ..... Ainsi la plupart des petites villes d'ltalie. dont parlait Henri Fouquier (Figaro 2 novembre 1891) où la prostitution n'existe pas quoique les mœurs y soient très amoureuses. Et dans notre histoire, la Renaissance, cette merveilleuse époque de saine gaillardise, de vigueur physique et morale, de puissance créatrice et rénovatrice, ne traînait pas après elle, malgré l'éveil de de tous les sens, l'armée de prostituées et de souteneurs qui déshonore la société capitaliste. La Renaissance en Angleterre, ce que Taine a appelé la Renaissance païe1111e {Histoire de la Littérature Anglaise, tome li) période de fermentation intellectuelle, de joie débordante tM'erry England) et d'emportement sensuel, n'a pas été émue, comme nous le sommes, par l'accroissement continu de la prostitution. Depuis cette époque, les hommes moins vigoureux ont des besoins probablement moins impérieux, et cependant les carrefours des grandes villes pullulent de troupes toujours plus nombreuses de ces tristes filles de joie. On a poussé le cri d'alarme et vanté bien des remèdes. Malgré tout, le flot augmente et menace. Et pourquoi? Parce qu'un grand fait nouveau s'est produit, parce que la société capitaliste s'est établie. Et maintenant prêchez toutes les morales du monde. Tant que l'iniquité économique persistera, tant que le capitalisme n'aura pas péri, vos morales ne seront que rhétorique creuse. Comme me l'écrit notre vénéré directeur Benoit Malon, sachons bien << que la morale ne « peut être greffée que sur la justice économique, que la grande << recruteuse de l'armée de la prostitution et de tout ce qui s'ensuit, « c'est l'exploitation capitaliste avec son cortège de servitudes et de « m1seres. » A. DELON. L0autcu1· de la lettre qui va suiv1·e ne partage pas les idées qui Font le plus habituellement défendues dans la Revue SociaUste; nous insérons n~anmoins les observations qu'il a bien voulu nous envoye1· parce qu'elles constituent, en somme, un appel à la justice et à la bonté. lis sont malheureusement trop rares les hommes de la situation srciale de notre hono1·able correspondant qui pensent comme lui, autrement la base d'entente serait vite trouvée et nous nous acheminerions pacifiquement vers la justice ilconomique, préface de l'intégrale rénovation humaine qne poursuivent les socialistes. ,./1 Monsieur BENOITMALON, directeur de la " CJ{evueSocialiste" à Pans. Mon cher Directeur, j'examinais ces jours les rapports annuels de quelques sociétés anonymes françaises et en pensant au personnel qui avait contribué au gain des bénéfices, j'étais frappé de l'idée qu'il n'avait, - sauf les chefs peut-être, - aucune part à ce Pactole, roulant tout entier dans la poche des actionnaires c'est-à-dire du capital. Les bénéfices ont été produits cependant à l'aide de deux choses:
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