350 LA REVUE SOCIALISTE CORRESPONDANCE Monsieur le Directeur, Je suis heureux de me trouver d'accord avec M. le docteur Delon contre l'exhibition des images obcènes. Mais je ne puis rester sous l'inculpation par laquelle votre honorable collaborateur termine sa lettre et clôture la di~cussion. - à savoir ·que ma thèse est celle de la théologie contre la science. Ceux de vos lecteurs qui voudront bien se référer à ma lettre pourront me rendre cette justice que je n'ai employé aucun argument théologique ni religieux. Je me suis placé, au contraire, uniquement sur le terrain social. J'ai dit qu'étant donné notre organisation sociale, il est impossible aux jeunes hommes de donner libre cours à l'instinct sexuel.sans vouer à la dégradation physique et morale toute une classe de personnes de l'autre sexe: par cette raison, ils doiv·ent s'en abstenir.· C'est là ce que j'appelle une thèse socialiste. Q1e ripond M. Delon? li reconnaît que la prostitution est la conséquence fatale du genre de vie qu'il conseille aux jeunes gens. Il reconnait que la prostitution est << un mal épouvantable». Mais il l'accepte néanmoins parce que la satisfaction de l'instinct sexuel est indispensable, dit-il, à la santé physique et morale d'un jeune homme. Eh bien! c'est là ce que j'appelle une thèse individualiste, au prer'nier chef. Quant à ce régime social à venir dans lequel pourront se former entre les deux sexes << des associations inspirées par les plus doux se:1timents », nous n'avons pas à nous en occuper pour le mo·ment. li s'agit, dans la discussion, des conseils à donner non point aux jeunes gens de l'an 2,000, mais à ceux d'aujourd'hui. Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de mes sentiments dévoués. Ch. GmE. Il est vrai que M. Gide n'a employé dans sa discussion aucun argument théologique et religieux. J'ai cru avoir le droit de chercher derrière le rideau, à mon avis bien insuffisant, des raisons mises en avant par notre éminent contradicteur, les prémisses non formulées et
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