312 LA REVUE SOCIALISTE pagnies existantes il n'y aurait ensuite qu'à rendre l'as~urance obligatoire pour tous, ce qui serait d'autant plus facile que l'économie résultant de l'emploi de l'outillage administratif et l'extension des opérations permettait de réduire les primes à la moitié peut-être au tiers des. taux actuels. Le service des assurances concernant les personnes serait plus. compliqué; d'abord il se subdiviserait en assurances: Contre la maladie, contre les accidents provenant du travail, contre les accidents quelconques, contre la mort des soutiens de famille, contre l'invalidité résultant d'infirmité et de vieillesse. Ici encore on devrait débuter par l'obligation de l'assurance pour toute personne jouissant par son travail ou autrement d'un minimum de ressources qui serait fixé en tenant compte de la diversité des prix. Le total des primes ainsi payées devrait suffire au quart des charges de l'assurance générale que l'on peut évaluer pour la France à 3 milliards soit pour le quart en chiffres ronds 750 millions, 300 seraient payés par les gens à revenu, re3teraient à la charge des travailleurs de tout ordre 450 millions, soit environ 4 ½ ¾ des salaires évalués au chiffre total de I o milliards par an. Un milliard serait fourni par les employés de toute catégorie ayant à payer une contribution de ... qui serait un peu plus élevée pour les industries dangereuses. Cettte cote-part paraîtra modérée si l'on se rappelle que le seul produit net des chemins de fer livrés aux compagnies financières est de 650 millions par an. De quelle nature seront ces ressources spéciales. Divers projets ont été présentés. Nous relevons celui d'André Godin le fondateur du Familistère de Guise. Dans ce projet, par la simple attribution à l'Etat dé l'hérédité collatérale, combinée avec un impôt progressif sur l'héritage, on arrive à une entrée naturelle annuelle de 2 milliards et demi ce qui permettrait de supprimer si on voulait, les taux imposés aux salariés. De la sorte le budget de l'assurance sociale serait assuré sans qu'il soit besoin de recourir à d'autres sources de revenus. Cependant nous. nous sommes placés dans la situation la plus défavorable laissant le capitalisme dans son plein et meurtrier fonctionnement ( 1). Autre serait en effet la situation si nous faisions entrer en ligne de compte la reprise par l'Etat ou les communes, suivant le cas, de tous les monopoles concédés à des particuliers (chemins de fer, canaux et établissements de crédit, traction, éclairage urbain, etc., etc. ( 1) Le professeur Vagner de Berlin a donné une théorie complète de l'intervention absolue et nécessaire de l'Etat en matière d'assurance : « L'assurance, dit-il, est un de ces grands intérêts publics à l'égard desquels l'administration a le devoir d'intervenir pour en faire une institution de droit public
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==