La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LUNDIS SOCIALISTES 311 <les ressources communes, le pain quotidien n'est pas assuré aux plus déshérités. D'une façon. plus ou moins imparfaite le droit à l'existence pour -chaque membre de la société dans la mesure des ressources communes, .a toujours été reconnu comme un principe de désirable application ; les embryons d'assistance publique, les devoirs de charité envers leurs semblables qui se reconnaissent les meilleurs des possédants n'ont pas -d'autre signification. Dès qu'après avoir brisé les anciennes dominations cléricales et militaires le peuple put élire ses représentants, le ,droit pour tous à l'existence fut proclamé le premier devoir social. Ainsi prononcèrent l'AssembléeNatimiale en 1789, la Législative de 1792, la Convention en 1793. Ce qui. vu l'exéguité des ressources sociales d'alors était d'impossible réalisation et d'application facile depuis que le révolutionnement -des moyens de production a déçuplé les richesses. Mais pour cela il faudrait changer de système d'assistance publi- ,que en substituant la justice solidariste à l'humiliante charité. Dans notre société moderne basée sur le travail, le droit à l' existence ne saurait ètre valablement assuré par les procédés actuels ,d'assistance publique et d'assistance privée mème étendus et améliorés. En serait-il autrement d'ailleurs qu'il ne faudrait plus s'y arrèter; le -droit à l'existence dans la société actuelle et en attendant le triomphe .du socialisme qui fera de la solidarité humaine une vérité, doit être fondée, non pas sur l'aumône et la philanthropie mais sur un système général d'assurance sociale ayant pour adjuvant, la garantie du droit .au travail supposant une organisation de travaux publics, pouvant parer aux chômages involontaires. Par ce procédé, la moitié des causes de dénûment étant supprimée on resterait toujours en présence des charges résultant du service des enfants ~ssistés, du service hospitalier, des dénûments causés par les maladies ou infirmités, par la vieillesse et enfin par la mort des .chefs de famille. On pourrait y pourvoir pour les cas spéciaux par la réorganisation des établissements hospitaliers actuels et par la fondation de maisons d'éducation et de refuge pour les cas généraux, par la création d'un Mi11istèrede l'assurance sociale qui assurerait la direction de deux grands services : 1 ° Les assurancesco11cernantlesperso1111es ; 2° Les assurances concernant lesa,iimaux et les biens. Pour la deuxième catégorie qui comprendrait les branches incendies, sinistres maritimes (celle-ci mixte) intempéries (grêle, gelée, inondation) épizooties, etc., l'application serait facile (l'Etat prendrait après rachats préalables des titres aux taux l'émission réelle), la succession des corn-

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