300 LA REVUE SOCIALISTE d'une bibliothèque, d'uue pharmacie, d'une terrasse garnie de fleurs. Rien n'y manque, pas même une pet,ite cour pour la volr1.ille et un jardin. Eu attendant ce confort, que le poétique roman permet de savourer par avance, je trouvai chaque couple marié dans la possession exclusive d'une chambre $pacieuse. Les célibataires couchaient à deux dans la même pièce, mais non dans le même lit - hàtons-nous de le dire : mode en usage chez les fermiers aubergistes du Texas et d'autres états de l'Orient, où en voyageant à cheval, je fus souvent condamné à subir ainsi le voisinage trop intime de quelque compagnon peu ragoutant. Et quand un jour je suppliais mon hôte de me laisser seul dans mon lit. - C'est impossible, me répondit-il, la consigne de ma maison est de coucher deux par deux, si cela ne vous convient pas allez dormir à la belle étoile. Les eufants à la rnamelle restaient avec leur père et mère. Les enfants sevrés, de 2 à 5 ans étaient casés dans une salle d'asile, lieu d'amusement pendant le jour, de repos pendant la nuit. Les enfants plus âgés avaient l'école pour gîte. Ainsi les ménages ne sont pas génés par la présence des marmots tapageurs qui empêcheraient le maintien de l'ordre et de la propreté dans les chambres à coucher. Celles des Icariens sous ce double rapport ne laissent rien à désirer. L'ameublement y est réduit au strict nécessaire, mais ce strict nécessaire la plupart des ouvriers des grandes villes pourraient l'envier dans leurs affreux taudis. Une porte s'ouvrant sur un balcon et une cheminée procurent aux habitations conjugales soit un air vivifiant en été, soit une douce chaleur en hiver. Tristes travailleurs, qui étouffez ou grelottez tour-à-tour dans vos mansardes, cornbien vous paraitrait confortable même à présent, le logement de vos frères d'Icarie l Quoiqu'on puisse dire contre le communisme, il est incontestable que sous son régime les prolétaires cessent de l'être, car ils sont mieux abrités, mieux nourris, mieux vêtus que sous le régime de la libre concurrence et ceci au prix d'une m,oindre fatigue musculafre. Plusieurs maisons en briques ou en bois, de diverses dimensions, étaient spécialement consacrées à l'habitation des Icariens. Par son industrie la colonie se suffisait à elle-même. Elle possédait des tailleurs, des cordonniers, des sabotiers, des matelassiE>rs, des charpentiers, des tonneliers, etc. Aucun métier nécessaire ne lui manquait. L'imprimerie y était active; de ses presses sortaient eu trois langues,française, anglaise, allemande, les écrits de l'inépuisable plume, du fondateur et diverses publications périodiques. La Revue Icarienne, qui paraissait tous les
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