298 LA REVUE SOCIALISTE « Il faut labourer et semer avant Je récolter. >> " Ni Rome, ni Paris, ni Londres, ni New-York n'ont étè l'ouvrage d'un jour. , ,< D'abord le nécessaire, puis l'utile, enfin l'agréable. » « Les Icariens disent: Guerre au tabac I n « Aide-toi, le ciel t'aidera, etc,, etc ... » Toutes ces inscriptions, et j'en passe peut-être des mpi\leures, forment, comme on voit, un cours d'excellente morale. Tracées en caractères visibles à distance, elles sont dues au pinceau d'un artiste allemand, membre de la communauté. Trois rangées de tables reçoivent toute la communauté aux trois repas du jour répartis de la manière suivante: déjeuner à huit heures, diner à une heure, souper six heures. Cabet, sauf le cas d'indisposition ne manquait jamais de figurer à ces agapes. Confondu sur une banquette avec ses disciples des deux sexes moins les enfants qui mangent à l'école, il avait refusé le privilège d'un fauteuil qu'on lui offrait pour ne pas enfreindre la règle d'une égalité parfaite. Dès le premier jour de notre connaissance, il me fit l'honneur de m'inviter à souper. Nous eûmes un excellent pot-au-feu avec du bœuf et d~s pommes de terre. La Nymphe du Mississipi s'était chargée de subvenir toute seule à notre soif. Le pain, moitié froment, moitié maïs, était bien meilleur que le pain lourd et mal cuit de la veuve Joe Smith. Certes ce n'était pas là un banquet splendide, mai::;la nourriture, ' proprement servie, valait mieux sans doute que le brouet noir des Spartiates ou que la charcuterie de rencontre des ouvriers de France. Le diner était d'ailleurs plus abondant que le souper flt présentait outre la viande de boucherie, le poisson succulent du fleuve, des légumes de toutes sortes, et les fruits de la saison. Au déjeuner on servait du café au lait, du thé et des œnfs. La volaille et le gibier réservés, en temps ordinaire, seulement aux malades, étaient accordés à tous, les jours de grande fête, telle que l'anniversaire du départ de la première avant-garde Icarienne du Havre pour le Texas, événement mémorable qui s'accomplit le 3 février 1848. C'est au réfectoire qu'a lieu tous les matins, à six heures moins dix minutes, la distribution du whiskey qui précède les dix heures de travail journalier qui incombent à chaque Icarien. Ce travail dans l'avenir devait être réduit progressivement et se limiter entin à six heures seulement. C'est dans le réfectoire que se tiennent les assemblées générales qui sont le parlement omnipotent du gouvernement. Là aussi se célèbrent les mariages légalisés par la présence d'un
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