La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LA TIIÉORIE DE LA VALEUR ET DE LA PLUS-VALUE DE MARX 293 A mesure donc que les salaires hausseraient, les profits diminueraient. » ( P'rinci'pes d' écon. polit. Ch. VI. Des profils). Smith dit : « Dans cet état primitif qui précède l'appropriation des terres, et l'accumulation des capitaux, le produit entier du travail appartient à l'ouvrier. Il n'a ni propriétaire, ni maître avec qui il doive partager. « Si cet état eut continué, le salaire ou la récompense du travail aurait augmenté à mesure que ses facultés productiYes auraient acquis toutes ces améliorations auxquelles donne lieu la division du travail.» (Richesse des Nations. Liv. I, ch. VIII). « La valeur que les ouvriers ajoutent à la matière se résout en deux parties, dont l'une paie les salaires de l'ouvrier et l'autre paie les profits que fait l'entrepreneur sur la somme des fonds qui lui ont servi à avancer les salaires et la matière à travailler. Il n'aurait ps d'intérêt à employer ses ouvriers, s'il n'attendait pas de la vente de leur ouvrage quelque chose de plus que ce qu'il fallait pour lui remplacer ses fonds. )) (Smith, loc. ât. Liv. I, ch. VI). « Le maître partage dans le produit du travail des ouvriers ou dans la valeur que ce travail ajoute à la matière à laquelle il est appliqué et c'est cette part qui constitue son profit. )) (Sniitli, Zoc.cit. Liv. I, ch. VIII). Smith, ainsi que Turgot et les Physiocrates, affirmait que le travail libre permettait au capitaliste de prélever une plus grosse part de la valeur que lorsque le travail est accompli par des esclaves. D'abord le propriétaire est obligé de supporter les déchets de son esclave, c'est-à-dire son usure par l'âge et les maladies; puis « l'expériencedetousles temps et detousles pays s'accorde à démontrer que l'ouvrage fait par des mains libres revient à la fin à meilleur compte que celui qui est fait par des esclaves. C'est ce qui se voit même à Boston, à New-York et à Philadelphie où les salaires du simple travail sont si fort élevés. )) (Smith, Liv. I, ch. VIII). Or, comme «: le travail d'un esclave bien constitué est estimé valoir le double de sa subsistance. )> (lb.); son maître prend par conséquent la ~oitié de la valeur produite; donc la part du capitaliste employant des travailleurs libres doit être supérieure à la moitié de la valeur produite. Ainsi donc pour Ricardo et Smith, il ne faisait pas le moindre doute que les profits du capital sont du travail non payé, du travail volé, comme le dit Marx. En 184~, pour ameuter les paysans et les petits bourgeois contre les communistes, les réactionnaires les accusaient d'être pa1·tageu.x, de vouloir le partage des biens; tandis qu'ils voulaient faire cesser l'inique partage des fruits du travail entre le producteur et le capitaliste oisif, inutile et nuisible. Maintenant que nous avons l'opinion des hommes de science

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